La retraite à 67 ans, une manoeuvre jugée «régressive»

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Avec l'augmentation de l'espérance de vie et la précarité des finances publiques, l'image de la liberté 55 tend à grisonner un peu plus.

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Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) En faisant passer l'âge de la retraite de 65 à 67 ans, le gouvernement fédéral s'attaque aux aînés les moins nantis, dénoncent les syndicats et les associations de retraités.

Au cours de ces deux années où ils ne pourront pas encaisser de prestations de la sécurité de la vieillesse, les travailleurs seront privés de près de 13 000 $. Cela représente une somme colossale pour ceux qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, soutient le trésorier à la CSN, Pierre Patry, qui ne croit pas que le délai de 11 ans avant l'application de la mesure permettra aux travailleurs d'accumuler les revenus nécessaires pour combler le manque à gagner.

«C'est tout à fait inacceptable, d'autant plus que le directeur du budget, Kevin Page, avait affirmé qu'il n'y avait pas de nécessité d'agir», a-t-il soutenu.

Selon le président de la FADOQ, qui regroupe plus de 265 000 aînés, puisque ce sont les personnes âgées les moins fortunées qui bénéficient des prestations, ce sont elles les plus pénalisées. Ainsi, Dany Prud'homme juge que repousser l'âge de la retraite est un geste «démesuré et inéquitable».

De son côté, le président de l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec (AREQ), Pierre-Paul Côté, qualifie la mesure de «régressive» et de «coercitive». «Ce n'est pas tout le monde qui est capable de continuer à travailler jusqu'à cet âge-là», note-t-il. Ce dernier aurait été davantage pour l'implantation de mesures uniquement incitatives, tout comme la présidente de l'Association des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP), Madelaine Michaud.

Une tendance

S'il croit que le gouvernement fédéral devait emboîter le pas aux autres pays occidentaux en raison du vieillissement de la population, le professeur en économie de l'Université Laval Stephen Gordon admet que le report de l'âge de la retraite pourrait affecter les familles et les aînés aux plus faibles revenus.

Dans la cour des provinces

M. Gordon explique que ce sont les provinces qui devront prendre «la relève» du gouvernement fédéral au cours des deux années en fournissant aux travailleurs plus pauvres des prestations d'aide sociale.

«On pellette dans la cour du voisin», dénonce le président de la FADOQ, Dany Prud'homme. Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, admet qu'il est «préoccupé» par les dépenses que cela pourrait engendrer pour le gouvernement du Québec. Ottawa promet toutefois qu'il veillera à soulager les conséquences pour les provinces.

Lisez le blogue de Gilbert Lavoie sur ce sujet.

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