Mourir dans la dignité: «Précis, sage et prudent», selon le Collège des médecins

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) Le Collège des médecins accueille favorablement le rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, qui offre suffisamment de «garde-fous» pour bien encadrer le travail des médecins de façon «précise, sage et prudente».

Le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège, s'est dit «plutôt confiant» que les recommandations puissent se concrétiser sur le terrain. «Le défi est de se rallier autour de ce concept. [...] Le travail commence maintenant, c'est-à-dire que le travail peut commencer avec une base beaucoup plus solide grâce à un état des lieux qui a fait le tour de la question», considère le médecin, qui voit là un «moment pivot» pour la population québécoise.

Le Dr Robert se réjouit particulièrement qu'on parle maintenant «d'aide médicale à mourir» plutôt que d'euthanasie, une terminologie qui reflète davantage les «meilleurs soins possible» que la médecine peut apporter en fin de vie.

«La question n'est pas de se demander si les médecins sont pour ou contre l'euthanasie. La question est de savoir s'ils peuvent offrir les traitements appropriés aux patients», avance-t-il.

«On joue sur les mots»

Le réseau Vivre dans la dignité, qui s'est formé en opposition à l'euthanasie et au suicide assisté, considère plutôt qu'on ne fait que jouer sur les mots. «On change de langage pour faire moins peur au monde en prétendant que justement, on va les soulager», a mentionné en point de presse Linda Couture, directrice du réseau qui rassemble près de 5000 personnes.

«D'un côté, on va faire des campagnes de prévention du suicide, et de l'autre côté, on va dire à une personne : "Regarde, dans certaines circonstances, si ça ne va pas bien, on va te pousser, on va t'achever, finalement"», déplore-t-elle.

Selon Mme Couture, trop d'attention est accordée à la question de l'euthanasie, alors qu'il faudrait plutôt se concentrer sur le développement de l'accessibilité aux soins palliatifs. Cet aspect constitue tout de même la priorité qui a été soulevée dans le rapport de la Commission, déposé hier à l'Assemblée nationale.

Le réseau Vivre dans la dignité craint particulièrement que l'ouverture à l'euthanasie, aussi petite soit-elle, ouvre la porte à des abus, ce que le Barreau du Québec ne redoute aucunement. «Tout est là pour assurer les gens qu'il n'y aura pas de dérapage», affirme Me Claude Provencher, directeur général du Barreau. La prochaine étape sera donc de transposer ces recommandations en projet de loi, souligne-t-il.

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