Mourir dans la dignité: des élus touchés au coeur

Les membres de la Commission spéciale sur la... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Les membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité ont présenté leur rapport jeudi à l'Assemblée nationale.

Le Soleil, Steve Deschênes

(Québec) Très rares et dignes moments de grâce à l'Assemblée nationale, jeudi. Des moments en phase avec ce que les députés membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité ont eux-mêmes vécu au fil des mois.

«Je me souviens du cas d'un père de famille qui s'est suicidé par balle, confie le caquiste Benoît Charette. Atteint d'une maladie dégénérative incurable, il a choisi de se suicider avant de perdre l'usage de ses mains.»

«Son fils est venu nous dire que si son père avait eu l'assurance de pouvoir choisir le moment de sa mort, il serait resté avec eux plusieurs mois de plus, sinon quelques années.»

Des témoignages comme ceux-là ont secoué l'élu de Deux-­Montagnes. Ils lui ont fait «ouvrir l'esprit», selon ses mots.

Moments de grâce, disions-nous. Notons celui où tous les députés de l'Assemblée nationale ont écouté religieusement, jeudi matin, la présidente de la Commission, Maryse Gaudreault, résumer le délicat rapport qu'elle s'apprêtait à déposer officiellement. D'habitude, les élus continuent de vaquer à leurs affaires lorsque des rapports parlementaires leur sont présentés.

Autre moment à noter : celui où la libérale Maryse Gaudreault et la vice-présidente de la Commission, la péquiste Véronique Hivon, se sont chaleureusement remerciées et fait la bise. La conférence de presse lors de laquelle elles ont présenté leurs 24 recommandations venait tout juste de se conclure.

Maryse Gaudreault et Véronique Hivon étaient à la fois satisfaites et soulagées; émues d'avoir navigué jusqu'à bon port.

Groupe soudé

Pour elles et les 10 autres membres de la Commission, c'est une aventure humaine qui se termine. La plupart d'entre eux ont parcouru le Québec. Ils ont écouté. Ils ont été touchés au coeur.

En entrevue au Soleil, Maryse Gaudreault se souvient de petits bouts de vie mal envolés. Du récit d'Edmond Ferenczi, par exemple.

En novembre 2010, à Sherbrooke, cet homme a raconté le bouleversant inconfort vécu par sa femme. Elle s'éteignait dans une chambre d'hôpital en entendant d'autres personnes s'amuser à côté.

Ce groupe de députés, porteurs de projets politiques différents, est désormais soudé, affirme la péquiste Noëlla Champagne.

«Il s'est développé une profonde complicité entre nous», dit-elle. Chacun a découvert les drames et les chagrins de ses collègues.

«On s'est fait beaucoup de confidences. Nous nous sommes parlé de la mort de personnes qu'on aimait. Nous sommes maintenant tissés serré.»

Sur un ton tout aussi personnel, le solidaire Amir Khadir a confié que le médecin qu'il est, «en toute cohérence» avec les conclusions du rapport, consentirait à administrer une «aide médicale à mourir», telle que balisée par la Commission.

«C'est sûr que ce serait sans doute un bousculement, mais je pense, comme une majorité du corps médical, qu'on est rendu là, socialement et médicalement.»

Amir Khadir dit éprouver une «fierté sincère» d'avoir participé aux travaux de cette commission. Il tient à saluer Maryse Gaudreault et Véronique Hivon. Il a une pensée particulière pour cette dernière qui a déposé, à l'Assemblée nationale, en décembre 2009, la motion qui a tout déclenché.

Les députés du groupe ont juré de se revoir - en compagnie du personnel de l'Assemblée nationale qui les a soutenus. Ils parleront de l'aventure humaine en général. Et de la leur.

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