Pour la deuxième fois depuis le début de 2012, un groupe composé d'agents de libération conditionnelle, d'agents correctionnels et d'experts à la «gestion de cas» a effectué lundi une tournée de ces différents lieux de culte. Selon le porte-parole du Service correctionnel du Canada, Serge Abergel, le nouveau programme n'est offert qu'au personnel qui est en contact «direct» avec les détenus.
L'initiative n'est cependant pas liée à un incident particulier qui aurait pu survenir entre les murs de la prison située dans la MRC de Portneuf, assure toutefois le porte-parole, qui explique que l'objectif de l'«effort local de sensibilisation ethnoculturel» est double.
Il s'agit de fournir des outils aux employés du pénitencier pour que ceux-ci «améliorent leurs connaissances par rapport à toutes les questions liées à la religion». L'initiative permet également de mieux encadrer les détenus à leur sortie de prison et assurer leur réintégration sociale, souligne le porte-parole.
«C'est important pour les établissements de tisser des liens étroits avec les communautés culturelles, que ce soit avec les leaders religieux mais aussi avec les responsables d'organismes, et ce, de façon à assurer un encadrement adéquat des détenus à l'intérieur des établissements mais aussi lorsqu'ils réintégreront la collectivité», soutient Serge Abergel.
Selon lui, la clientèle des pénitenciers du pays est représentative de celle de la population dans son ensemble. Ainsi, de plus en plus de membres de différentes communautés culturelles, et conséquemment de confessions religieuses différentes, se retrouvent derrière les barreaux puisque l'immigration au pays n'a cessé de progresser. Pour voir les diverses confessions religieuses dans la population carcérale au Canada, cliquez ici.
Immersion
Traditionnellement, le Service correctionnel du Canada demande à des spécialistes des questions culturelles d'autres agences gouvernementales fédérales de se rendre dans ses établissements pour former son personnel. Mais «l'immersion» dans les différents lieux de culte et la rencontre de rabbins et d'imams par exemple permettent un autre type de rapprochement. «On va chercher un témoignage auprès des représentants religieux», explique le porte-parole. Les employés de Donnacona ont ainsi la possibilité d'échanger «sans distorsion» avec ces derniers, de leur poser des questions et de discuter des préoccupations en lien avec la religion, ajoute M. Abergel.
Ainsi, en vertu du programme à participation volontaire mais «encouragée» par la direction, les trois lieux de culte sont visités au cours de la même journée par un groupe composé de 15 à 30 employés de Donnacona. «On va continuer à l'offrir tant qu'il y aura de l'intérêt», explique le porte-parole, qui n'exclut pas que l'initiative fasse des petits dans d'autres pénitenciers du Québec.
«Les bonnes pratiques se répètent», ajoute-t-il, indiquant cependant que chaque établissement a cependant le choix d'adopter ou non un tel programme.
Le vice-président du syndicat des employés du solliciteur général du Canada pour le Québec, Claude Duchesneau, estime de son côté que l'initiative répond au besoin de ses membres d'en savoir davantage sur les différentes religions. Selon lui, la manière de penser, de réagir et le regard des autres peuvent varier en fonction de l'origine culturelle et il important de se familiariser avec ces différences.
Pas de média?
M. Duchesneau déplore par ailleurs que la représentante du Soleil n'ait pas pu assister à la journée de formation. Le Service correctionnel du Canada a justifié ce refus en expliquant que certains employés auraient pu se sentir moins libres de poser des questions en présence d'une journaliste.
«C'est un manque de transparence, a déploré M. Duchesneau. Il n'y a rien de secret là-dedans», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il trouvait malheureux qu'un média ne puisse pas être témoin d'actions positives menées par l'agence gouvernementale et liées à la diversité culturelle.
Par ailleurs, une initiative similaire avait vue le jour en 2007 mais celle-ci avait été mise sur la glace alors que l'employé qui en était responsable avait été affecté à d'autres tâches.