Lors d'un entretien téléphonique, la directrice Julie Tremblay a affirmé que ce «témoignage courageux» de Geneviève Dubé-Ouellet, 26 ans, permettait probablement à des victimes de réaliser qu'elles ne sont pas seules et qu'il y a moyen de poser des gestes concrets pour se sortir de cet enfer.
Lundi après-midi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce, le bourreau de Mme Dubé-Ouellet, Henri Champagne, s'est fait imposer une peine d'emprisonnement de sept ans par le juge Hubert Couture, qui a rédigé une décision incisive à l'endroit du délinquant. La victime, qui a été sous l'emprise de Champagne alors qu'elle était âgée de12 et 13 ans, a accepté de raconter son histoire, afin d'aider d'autres victimes à sortir de l'ombre et à ne pas garder ce terrible secret pour elles.
Briser l'isolement
«Des témoignages comme celui-là, on en voit très peu, indique Mme Tremblay. Pour les victimes qui l'ont lu, cela permettra de briser l'isolement dans lequel elles sont plongées. Et d'aller chercher de l'aide. Parce qu'il faut le dire, les victimes ont souvent l'impression d'être seules au monde, alors que dans le fond, il y a beaucoup d'autres femmes qui sont la cible de crimes à caractère sexuel. D'ailleurs, on estime que seulement 10 % des victimes portent plainte à la police.»
Mme Tremblay affirme aussi que son organisme pourrait éventuellement entrer en contact avec Mme Dubé-Ouellet, afin de lui faire rencontrer des victimes qui reçoivent des services chez Viol Secours. Cet organisme porte aussi le nom de Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Québec.
«Je vais en parler avec mon équipe en premier, mais nous allons voir comment nous pourrions utiliser l'histoire de cette femme afin de nous aider dans notre mission.»
Mme Tremblay rappelle que l'objectif premier de son organisation est d'offrir différents services aux victimes, avant même de les inciter à porter plainte à la police pour dénoncer les crimes dont elles ont été la cible. Pour certaines victimes, traverser le processus judiciaire, qui peut parfois s'étirer sur plusieurs années, peut être trop difficile à supporter. Dans ce contexte, Viol Secours veut appuyer les femmes avec des services de première ligne.
«Les femmes doivent savoir que c'est un service confidentiel et totalement gratuit. On offre différents types d'aide, que ce soit de façon individuelle ou de groupe. On peut aussi accompagner les victimes durant les différentes procédures judiciaires.»