Recensement de 2011: Québec prend du poids

Entre 2006 et 2011, la région métropolitaine de... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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Entre 2006 et 2011, la région métropolitaine de recensement de Québec est passée de 719 153 à 765 706 habitants.

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

(Québec) La croissance de la population de la région métropolitaine de Québec a dépassé celle de l'ensemble du Canada et de la province de Québec au cours des cinq dernières années, révèlent les chiffres du recensement de 2011 dévoilés hier par Statistique Canada.

Selon l'agence fédérale, la population de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a augmenté de 6,5 % depuis le dernier recensement de 2006. Au cours de la même période, la population du pays a crû de 5,9 %, tandis que celle de la province de Québec a fait un bond de 4,7 %.

Les régions métropolitaines de recensement ne correspondent pas aux frontières municipales telles qu'on les connaît. Dans la définition de Statistique Canada, une région métropolitaine est une région de plus de 100 000 habitants et dont le centre urbain comporte au moins 50 000 personnes. L'agglomération de recensement doit avoir un noyau d'au moins 10 000 habitants.

Ainsi, la RMR de Québec comptait en mai 2011, soit au moment du dernier recensement, 765 706 habitants, comparativement à 719 153 cinq ans plus tôt. Le nombre d'habitants de la ville de Québec s'élevait au printemps dernier à 516 622, comparativement à 491 142 en 2006.

Fécondité et immigration

Selon le démographe de Statistique Canada Laurent Martel, la RMR de Québec a connu la plus forte croissance démographique de la province, si l'on exclut celle de Gatineau-Ottawa, qui se trouve en partie jumelée à l'Ontario. «Elle est même supérieure à celle de Montréal, dont la croissance se chiffre à 5,2 %», fait remarquer l'expert.

M. Martel souligne également que l'augmentation de la population de la région entre 2006 et 2011 a surpassé celle du recensement précédent, qui était de 4,2 %, alors que celle de la RMR montréalaise est demeurée sensiblement stable, avec une croissance de 5,3 % entre 2001 et 2006.

Pourquoi la RMR de Québec occupe-t-elle le haut du classement dans la province? Le démographe explique que, fidèle à son habitude, la région attire beaucoup de migrants en provenance de différentes régions, par exemple des Beaucerons ou encore des Gaspésiens qui bouclent leurs valises pour venir s'installer ici.

Fait étonnant, la RMR de Saguenay, qui perdait depuis de nombreuses années des citoyens au profit de Québec, a connu pour la première fois une croissance positive. «C'est un changement démographique qui vaut la peine d'être souligné, surtout que c'est une région située à 200 kilomètres de Québec», note le démographe.

Mais selon Laurent Martel, ce qui explique davantage la forte croissance de la région est l'immigration internationale et le taux de fécondité des Québécoises, qui est passé de 1,53 enfant en 2005 à 1,74 enfant en 2009.

Alors que le deuxième facteur peut être observé dans l'ensemble de la province, celui de l'immigration internationale est particulier à la RMR de Québec, qui a accueilli plus de 11 000 nouveaux immigrants au cours des cinq dernières années. «C'est une hausse significative», fait remarquer le démographe. Entre 2001 et 2006, environ 8000 citoyens étrangers avaient décidé de faire leur nid dans la région. Selon M. Martel, les immigrants se concentrent moins, de façon générale, dans les trois grands centres urbains du pays, soit Montréal, Toronto et Vancouver.

Le sociologue de l'Université Laval Richard Marcoux estime de son côté que le taux de chômage plus faible qu'a récemment connu Québec semble avoir un pouvoir attractif. «C'est important, puisque cela attire davantage de migrants internationaux», souligne celui qui croit que la ville connaît un dynamisme économique depuis son 400e anniversaire.

M. Marcoux explique aussi qu'en fonction des statistiques récemment dévoilées par l'Institut statistique du Québec, il est également intéressant de constater que la population des jeunes âgés de 15 à 24 ans est aussi en augmentation. «Cela veut dire que les cégeps de la région et l'Université Laval ont un pouvoir attractif», analyse le sociologue.

Étalement urbain

Si l'on observe plus en détail les données de Statistique Canada, l'on constate rapidement que c'est dans la couronne nord de Québec que la croissance de la population est la plus forte. La municipalité de Sainte-Brigitte-de-Laval a même connu une croissance de 50,3 % au cours des cinq dernières années, passant de 3790 habitants en 2006 à 5696 en 2011. Les populations de Shannon et de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier ont crû respectivement de 33 et de 25,9 %, alors que sept autres municipalités ont aussi connu des augmentations supérieures à 20 % (voir le tableau).

«Il y a un phénomène d'étalement urbain qui n'est pas nouveau, mais qui se poursuit dans la grande région métropolitaine de Québec, note Laurent Martel. Les gens veulent accéder à la propriété et, dans les quartiers centraux, les prix des maisons sont plus élevés.»

«Il y a aussi un phénomène de saturation dans les quartiers centraux, où il y a des densités de population élevées, donc il n'y a pas beaucoup de place pour de nouveaux arrivants. La place est réellement en périphérie», conclut le démographe.

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