«À cause de l'hiver, les gens sont tombés en mode hibernation!» s'exclame, mi-sérieux, mi-moqueur, un des responsables de la mobilisation des troupes, André Bérubé.
«On est en train de préparer les actions pour le printemps parce qu'on va avoir un printemps chaud. [...] On en promet des vertes et des pas mûres au gouvernement. On est des gens en colère contre le gouvernement.» Rien d'illégal au menu, rassure-t-il : «Ce sera toujours pacifique.»
Les manifestations publiques seront à la hauteur des moyens des indignés de la capitale. «C'est sûr qu'on se limite à des choses à plus petite échelle.» Des démonstrations qui permettront d'attirer de nouveaux volontaires vers Occupons Québec, espère-t-on.
Entre-temps, les militants prennent d'assaut les ondes de CKIA 88,3 le mercredi soir à 17h. «C'est une réponse aux radios poubelles», explique Pascale-Marie Milan, doctorante en anthropologie à l'Université Laval.
Les indignés comptent y offrir des débats et analyses sur l'actualité et accueillir des penseurs, des activistes, des universitaires.
«On va avoir des invités de marque.» La prochaine émission traitera des marchés financiers. Le président de l'Association québécoise pour la taxation des transactions financières (ATTAC-Québec) visitera le studio communautaire.
Des conférences seront aussi proposées. Il y a peu, ils ont reçu l'auteur de Noir Canada et d'Offshore : paradis fiscaux et souveraineté criminelle, Alain Deneault. D'autres activités seront annoncées sur la vitrine Web du groupe, www.occuponsquebec.org.
Rappelons que, fin novembre, les quelques irréductibles qui campaient toujours à la place de l'Université-du-Québec, dans le quartier Saint-Roch, avaient été expulsés par les forces de l'ordre. Le campement avait été démantelé par des cols bleus de la capitale.
Quelques jours plus tard, plusieurs dizaines d'indignés avaient visité deux succursales bancaires pour réprouver les frais facturés aux clients ainsi que les taux d'intérêt élevés. Le groupe s'était ensuite donné rendez-vous, en décembre, dans un restaurant-minute afin de dénoncer la malbouffe, les salaires minimes des employés et l'opposition de ce type de commerces à la syndicalisation.
Des représentants des indignés de plusieurs villes du Québec s'étaient aussi réunis dans la capitale à la fin de l'automne pour un sommet de trois jours.
Ils travaillent actuellement à la rédaction de revendications consensuelles qui seront rendues publiques au cours des prochaines semaines.