Bingo? Non, Kinzo!

(Québec) Le Kinzo, nouveau jeu réseau de Loto-Québec lancé il y a un peu plus d'un an pour contrer la perte de clientèle des bingos, progresse rapidement. Aux six salles déjà ouvertes, huit pourraient s'ajouter d'ici peu, a appris Le Soleil.

Le Kinzo est doublement branché. Premièrement, parce que les salles sont reliées entre elles par réseau informatique. Mais aussi à cause du décor et du rythme rapide des parties.

Roch Huot est directeur général du Bingo des Chutes (Bingo du coeur), boulevard Sainte-Anne. Les recettes annuelles issues du bingo vont aux organismes communautaires de Beauport. Cependant, sa popularité est en baisse, et du coup, les dons remis.

«Le bingo traditionnel est en déclin. En 2000, j'avais 350 jou­eurs par programme. Aujourd'hui, j'en ai à peu près 200. Qu'est-ce qu'on fait face à ce déclin? Il faut actualiser le produit.» Il y a un consensus établi autour du fait que l'industrie a perdu annuellement 4 % de sa clientèle depuis 1997.

Lorsque Loto-Québec a annoncé l'arrivée de Kinzo, M. Huot, comme d'autres gestionnaires de salle de bingo, y a vu l'occasion de renflouer les coffres. «Nous avons investi 250 000 $ pour modifier la salle selon les normes», indique-t-il.

Il est encore tôt pour prédire l'avenir, mais les premiers bilans lui donnent raison. «Nous avons ouvert le 7 décembre sans publicité. C'est sûr que ça a été tranquille. Depuis janvier, ça va selon nos prévisions. Nous avons vendu pour 35 000 $ de billets jusqu'à présent et ça devrait nous donner un petit profit sur les ventes. Évidemment, nous devrons faire une mise en marché pour se faire connaître.»

Contrairement au bingo, le Kinzo a l'avantage d'être basé sur un système de pari mutuel. Les lots varient en fonction du nombre total de billets vendus. «Le problème avec le bingo, c'est que c'est à lot fixe. Si je dis que je donne 5000 $, il faut que je le donne même si les revenus ne sont pas là.»

Déjà 8, peut-être 14

Aux huit salles de Kinzo ouvertes, six autres pourraient s'ajouter au cours de la prochaine année à Victoriaville, Granby (Saint-Luc), Lévis, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Gatineau et Québec (Vanier). Dans la capitale, le projet d'une seconde salle de Kinzo est mené par le Bingo de la Capitale.

Une personne au fait du dossier, consultée par Le Soleil, croit que plusieurs autres salles de Kinzo devront ouvrir pour rendre les lots plus attrayants et ainsi inciter plus de joueurs à miser. «Il y a actuellement environ 400 places disponibles à travers le réseau de salles. Il faudrait en avoir au moins 2000», soutient-elle.

M. Huot est aussi de cet avis. Toutefois, «il ne faut pas que ça devienne des Provi-Soir», lance-t-il, soulignant qu'il y a de la place pour une seconde salle de Kinzo à Québec.

Sauver les salles

La porte-parole de Loto-Québec pour la Société des bingos du Québec, Marie-Claude Rivest, n'avance pas de chiffres quant au nombre de salles de Kinzo que la société d'État voudrait voir ouvrir au cours des prochaines années.

«On ne se contraint pas à un objectif précis. On continue à consolider le réseau. Chose certaine, le Kinzo vient sauver les salles de bingo qui sont en difficulté», affirme-t-elle.

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