Membre de la congrégation des Missionnaires de l'Immaculée Conception et sexologue réputée, la religieuse est au coeur d'une vive polémique avec le diocèse de Québec. La raison? Quelques lignes dans Je voudrais vous parler d'amour... et de sexe, un livre de 240 pages publié cet automne par l'éditeur français Michel Lafon.
Ces lignes sont : «Entre 10 % et 20 % des prêtres et des religieuses que j'ai croisés en formation ou soignés affirment avoir respecté ou respectent leurs promesses de célibat sacerdotal et religieux. Ce qui veut dire qu'environ 80 % d'entre eux ont eu des écarts».
Un peu plus loin, la religieuse ajoute : «Ni la prière, ni les célébrations, ni l'eau bénite ou les formules de consécration ne purifient la perversion.»
Rien d'étonnant, donc, que Je voudrais vous parler d'amour... et de sexe ait bénéficié d'une couverture journalistique que la religieuse qualifie de «spectacle médiatique sensationnaliste auquel je ne donne pas mon aval».
Mais les réactions les plus virulentes sont venues de la revue Pastorale que publie le diocèse de Québec.
Dans un long article signé René Tessier, des clercs aussi en vue que Martin Laflamme, Mario Côté, Anne-Marie Richard et Céline Lamonde disent que Marie-Paul Ross a «malheureusement insinué trop de choses qui sont mal fondées ou encore qui ne devraient pas être publiées dans un livre».
Ils ajoutent que ses propos nourrissent les préjugés bien ancrés à l'égard de l'Église, notamment dans les médias.
Hier matin, Marie-Paul Ross convoquait la presse pour déclarer que ce que la revue Pastorale avait publié était «inacceptable» et réclamer un droit de réplique.
Concernant l'affirmation selon laquelle 80 % de prêtres et de religieuses ont eu des écarts, elle a expliqué : «Le 80 % demeure très conservateur. Je n'ai pas dit que 80 % des prêtres et religieuses se permettaient des écarts en matière sexuelle, mais, en parlant de promesses de célibat sacerdotal et religieux, 80 % d'entre eux ont eu des écarts.»
Et de citer des études publiées à Rome en 1978 par le psychothérapeute Luigi Rella. Études qui révèlent que 20 % des personnes consacrées souffrent d'une psychopathologie grave et 60 % seraient immatures et agiraient comme tel.
Il semble que le malentendu entre la religieuse et les autorités ecclésiastiques de Québec porte sur le sens du mot «écart».
Présent à la conférence de presse, le responsable des communications du diocèse de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre, a littéralement volé la vedette du show de Marie-Paule Ross et a invité la religieuse au dialogue.
Invitation qui n'a pas impressionné l'intéressée : «Je croyais qu'il y avait plus de maturité chez ceux qui ont écrit dans Pastorale. Je ne m'attends pas à des excuses, mais je veux voir publier ma rectification. La vérité libère.»
Jasmin Lemieux-Lefebvre a réitéré son invitation au dialogue mais ne s'est pas engagé à publier le droit de réponse de Marie-Paul Ross. Il est vrai qu'une telle décision ne relève pas de son autorité.