Occupons Québec: des indignés de 19 à 82 ans!

Rosaire Pleau, 66 ans, (à gauche) a apporté... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Rosaire Pleau, 66 ans, (à gauche) a apporté ses outils et du bois pour construire un abri avec l'aide d'une dizaine d'indignés, «pour éviter qu'ils gèlent avec le temps froid qui s'en vient».

Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) Les dizaines d'indignés du mouvement Occupons Québec qui ont établi leurs quartiers à la place de l'Université du Québec sont loin d'être tous des jeunes ou des étudiants. On retrouve en effet parmi les occupants des gens de 19 à 82 ans, étudiants, artistes, mais aussi travailleurs autonomes, salariés et retraités unis dans leur opposition au système financier actuel.

«Moi, j'ai 82 ans et je suis un professeur retraité de l'Université du Québec à Rimouski. J'habite un condo pas très loin d'ici et je viens donner un coup de main régulièrement. Je leur fournis de l'eau, j'ai amené de la vaisselle et des meubles et j'ai même fait une épicerie de 30 $. Je le fais pour les jeunes car moi, j'ai gagné ma vie et j'ai ma pension», explique un homme qui a préféré ne pas révéler son nom.

Le solide octogénaire s'affairait, avec une dizaine d'autres indignés, à bâtir un abri sous la direction de Rosaire Pleau, 66 ans, qui avait apporté ses outils sur place et fourni le bois et les matériaux pour mener à bien ce projet.

«J'ai travaillé près d'une vingtaine d'heures là-dessus en trois jours», explique cet ancien commerçant propriétaire d'immeubles d'appartements qui se targue d'avoir bâti lui-même certains des immeubles qu'il possède.

«Je trouve qu'Occupons Québec, c'est une bonne cause, alors j'ai décidé de les aider à bâtir un abri, qui sera recouvert de toile, pour éviter qu'ils gèlent avec le temps froid qui s'en vient. Cette tente devrait leur servir d'endroit pour manger», explique M. Pleau.

Études, travail, occupation

Valérie Hervieux, 19 ans, qui se chargeait dimanche de la préparation des repas avec Mireille Beaudoin, trouve pour sa part le moyen d'inclure Occupons Québec dans son horaire chargé qui comprend ses études, un emploi dans un gymnase et un second boulot à la piscine du Campus Notre-Dame-de-Foy. «Je ne viens pas souvent, mais j'aime l'ambiance qu'il y a ici», fait-elle remarquer.

Mireille, elle, est étudiante au Cégep de Sainte-Foy et vient faire son tour régulièrement. «Je dors souvent ici, je pars au cégep le matin et je passe chez moi saluer ma famille pendant la journée. Je viens aussi quand j'ai des trous dans mon horaire.»

Marie-France, agente de sécurité dans la quarantaine, fréquente aussi régulièrement l'endroit. Elle était accompagnée dimanche d'une amie montréalaise, fonctionnaire à Emploi-Québec, de passage dans la capitale pour le Festival de Jazz. «Même si je travaille à temps plein, j'essaie de venir le plus souvent possible car j'aime la solidarité qu'il y a ici», explique-t-elle.

Plusieurs mettent également à profit les talents avec lesquels ils gagnent leur vie pour le campement. Isabelle Cyr, une artiste qui a passé trois jours à la place de l'Université du Québec, donnait de son temps pour fabriquer des affiches et corriger des documents.

Pour Kevin Coquet, un employé du Centre Jacques-Cartier, l'expérience d'Occupons Québec est très intéressante d'un point de vue communautaire. «Je suis engagé dans le milieu communautaire et je trouve ça important de venir donner un coup de main. Je passe ici, je vais à mon travail et je reviens. J'ai choisi de faire le ménage, alors je donne un coup de balai», conclut-il.

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