L'homosexualité à l'école: préjugés tenaces... venant des profs

Vincent Chouinard présentera la synthèse de son mémoire,... (Photothèque Le Soleil Jean-Marie Villeneuve)

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Vincent Chouinard présentera la synthèse de son mémoire, La prévention de l'homophobie et de l'hétérosexisme à l'école secondaire; besoins et perceptions des enseignants et des enseignantes, aujourd'hui, 13h30, à l'Hôtel Pur, au cours d'une conférence organisée à l'occasion de la Fête arc-en-ciel, la célébration de la fierté gaie.

Photothèque Le Soleil Jean-Marie Villeneuve

(Québec) Les enseignants du secondaire veulent bien proposer des activités de démystification de l'homosexualité et du lesbianisme à leurs élèves, quoiqu'ils cultivent eux-mêmes quelques préjugés tenaces...

Lorsqu'on leur propose les services de bénévoles gais et lesbiennes pour rencontrer les ados, plusieurs professeurs demandent que les visiteurs ne soient pas trop «efféminés» ou «tomboys», a constaté Vincent Chouinard, dans le cadre de ses recherches de maîtrise en service social à l'Université Laval. «On veut un homo qui n'a pas l'air...»

«Les professeurs ont très à coeur de lutter contre l'homophobie. [...] Mais, il semble que pour certains, il y ait une espèce d'adhésion implicite aux stéréotypes de genre. Certains de leurs comportements, de leurs perceptions, renforcent les stéréotypes.»

M. Chouinard craint qu'en préférant des «bénévoles-démystificateurs» dont l'apparence est jugée plus conventionnelle, ils risquent d'accentuer la stigmatisation des gais et des lesbiennes.

«Si on veut que les jeunes arrêtent de se traiter de fif et de tapette à l'école, il faut que la société prenne conscience de son adhérence aux stéréotypes sexuels plus que de son rejet de l'homosexualité, analyse-t-il. Quand les jeunes se traitent de fif ou de tapette, ce n'est pas nécessairement un rejet de l'homosexualité, c'est un rejet du genre.»

L'intello, le danseur, la petite gênée, l'original, tous ceux qui sortent du lot, qui s'écartent des normes, goûtent aux quolibets.

Les enseignants comprennent très bien que les termes péjoratifs peuvent blesser. Mais encore faut-il savoir quels mots sont inappropriés, enchaîne Vincent Chouinard. «Il y a une espèce d'ambiguïté par rapport au vocabulaire.»

Tous les profs interrogés s'entendent pour corriger un jeune invectivant son souffre-douleur à coups de «fif» et de «tapette». «Mais aucun de mes répondants ne jugeait que le mot moumoune était homophobe. C'était la même chose pour gouine ou butch [N.D.L.R. : deux termes associés aux lesbiennes].»

Les consensus s'effritent également quand vient le temps de déterminer à quel âge les élèves sont «aptes» à participer à une «démystification», a-t-il remarqué. «En général, les enseignants pensent que 13, 14 ans, c'est trop jeune. [...] Mais en secondaire V, il semble que ça vienne un peu tard.»

M. Chouinard présentera la synthèse de son mémoire, La prévention de l'homophobie et de l'hétérosexisme à l'école secondaire; besoins et perceptions des enseignants et des enseignantes, aujourd'hui, au cours d'une conférence organisée à l'occasion de la Fête arc-en-ciel, la célébration de la fierté gaie, qui se déroulera du 2 au 4 septembre.

«L'homophobie est le rejet, la violence envers les personnes associées à l'homosexualité, tandis que l'hétérosexualité, c'est inférioriser les orientations sexuelles qui ne sont pas hétérosexuelles», explique-t-il.

Dans la capitale, l'organise communautaire Gris-Québec offre des visites en classe afin de répondre aux questions des élèves : www.grisquebec.org Pour s'inscrire à la conférence, il faut téléphoner au 418 523-5572 ou envoyer un courriel à demystification@grisquebec.org Le chercheur Michel Dorais, de l'Uni­versité Laval, participera également à l'activité d'aujourd'hui. Il dé­voilera les résultats d'une enquête réalisée auprès de quelque 500 jeunes gais et lesbiennes de l'Hexagone.

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