Les militants du Tahrir persévèrent

Malgré qu'ils aient été arraisonnés, puis ramenés à quai lundi par la marine et... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Soleil, Erick Labbé

Frédéric Denoncourt
Le Soleil

(Québec) Malgré qu'ils aient été arraisonnés, puis ramenés à quai lundi par la marine et la garde-côtière grecques, la trentaine de militants du bateau canadien Tahrir, à bord duquel se trouvent cinq Québécois, refusent de baisser les bras et maintiennent leur objectif de livrer leur cargaison de médicaments aux Palestiniens de la bande de Gaza.

Jointe en Grèce par Le Soleil en fin d'après-midi lundi, la représentante de Québec solidaire Manon Massé assure que le moral des militants du bateau reste très bon, même s'ils ont été freinés dans leur première tentative de rejoindre Gaza. Tous ont décidé de rester à leur poste.

«L'atmosphère est très bonne ici. Et quand on voit que, même si c'est l'été, des gens font des manifestations un peu partout au Canada pour nous appuyer malgré l'avis du gouvernement Harper, ça nous donne le goût de continuer pour briser ce blocus et aider les Palestiniens.»

Après deux semaines d'attente, l'équipage du Tahrir a finalement quitté le port de Saint-Nicolas, sur l'île de Crète, vers 17h45 heure locale lundi, malgré l'interdiction formelle des autorités grecques, qui invoquaient des raisons de sécurité pour les garder à quai. Le bateau de 25 mètres a immédiatement été pris en chasse par un navire de la garde-côtière et un bateau pneumatique à bord duquel prenaient place des hommes armés. Le périple du Tahrir n'a duré qu'une quinzaine de minutes, le temps de franchir huit miles nautiques.

Navire arraisonné

«Le navire de la garde-côtière s'est mis à zigzaguer devant nous pour nous arrêter. Les garde-côtes étaient armés et ils ont utilisé des canons dans notre direction», continue Mme Massé, qui se trouvait alors à l'avant du bateau. Au même moment, le zodiak a abordé le Tahrir par l'arrière, explique la militante. Une dizaine d'hommes armés sont rapidement montés à bord.

«Ils se sont dirigés vers la salle de pilotage pour prendre le contrôle du bateau. On a tenté de les arrêter pacifiquement, mais ils ont réussi à éteindre les moteurs.»

L'opération s'est déroulée sans grande violence, soutient Manon Massé. Mais un autre Québécois qui se trouvait à bord, Stéphane Corriveau, a raconté à La Presse Canadienne que certains militants s'étaient fait «brutaliser».

Le Tahrir a ensuite été remorqué au port où, selon Mme Massé, il aurait subi des dommages quand le navire de la garde-côtière grecque l'aurait poussé contre les blocs de ciment pendant les manoeuvres d'amarrage.

«On ne sait pas si le bateau a subi de gros dommages, mais il y a une odeur de diesel qui se dégage. Notre démarche est légale et légitime au sens du droit international, alors on n'est pas de bonne humeur. Il y a eu du sabotage sur deux bateaux de la flottille déjà.»

À leur retour au port de Saint-Nicolas, une centaine de résidants étaient sur les quais en guise de soutien à l'équipage du Tahrir, soutient Manon Massé. «Ils nous ont fait venir de la pizza, ils sont bien gentils.»

La représentante de Québec solidaire se montre prudente lorsqu'on lui demande si elle croit que la Grèce fait l'objet de pressions pour ne pas laisser partir de bateaux vers Gaza.

«Je ne suis pas espion pour connaître les tractations entre les États, mais c'est sûr que le gouvernement grec est dans un état extrêmement fragile économiquement. On sait aussi que le gouvernement israélien a salué son initiative.»

La priorité pour l'instant est de connaître l'état du bateau. «On est en train d'évaluer les dommages. On aura une rencontre à ce sujet demain matin [aujourd'hui]. On a des médicaments à livrer à Gaza et notre but ultime est d'aller à la rencontre de nos amis pour les aider.»

Appui au convoi pour Gaza

Une soixantaine de personnes se sont rassemblées lundi à Québec en signe de solidarité aux militants du Tahrir et pour réclamer que le bateau puisse reprendre librement sa route vers Gaza.

«C'est important de soutenir la flottille pour faire tomber le blocus illégal de Gaza, qui est la plus grande prison à ciel ouvert au monde», a lancé le porte-parole de l'activité, Sébastien Bouchard.

De son côté, la porte-parole féminine de Québec solidaire en l'absence de Françoise David, Émilie Guimond-Bélanger, a invoqué des pressions israéliennes.

«Nous demandons incessamment à la Grèce de ne pas céder aux pressions du gouvernement israélien et de libérer la flottille. Le fait que des ressources amenées par des citoyens pacifiques soient bloquées est la preuve que le gouvernement israélien cherche à cacher les enjeux liés aux droits humains à Gaza.»

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