Fête nationale: des commerçants soulagés

Pour le directeur d'Action promotion Grande Allée, André... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Pour le directeur d'Action promotion Grande Allée, André Verreault, l'interdiction de pénétrer sur les lieux de la fête nationale avec de l'alcool est un premier pas dans la bonne direction.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) La fête nationale est devenue un vrai calvaire pour les commerçants de la Grande Allée. Ceux-ci se réjouissent des mesures prises par la Ville de Québec pour mettre un frein à ce que plusieurs croient être devenu une beuverie, quand ce n'est pas carrément un terrain de jeu pour les vandales.

Le directeur d'Action promotion Grande Allée, André Verreault, a d'ailleurs sursauté lorsque la conseillère municipale du district, Anne Guérette, a mis des bémols sur l'ampleur du problème. «Quand tu dis que les gens vomissent sur ta terrasse, chient sur ta terrasse, cassent tes plantes, arrachent tout... Ça porte un nom, ça! C'est du vandalisme!»

M. Verreault, tout comme les restaurateurs interrogés par Le Soleil, appuie l'initiative du maire de stopper les abus. L'interdiction formelle de pénétrer sur le site de la fête nationale muni de l'attirail alcoolisé est un premier pas dans la bonne direction, croient les personnes interrogées.

«"La caisse de 12 en dessous du bras", comme le disait le maire Labeaume, c'est l'image parfaite de ce qu'est devenue la Saint-Jean», note André Verreault, qui compare carrément cette soirée à un ouragan.

Pour lui, la fête a dégénéré. On n'en était plus seulement à tolérer une bière dans la rue. «C'est comme si ce soir-là, on avait le droit de détériorer le bien des gens», se désole-t-il. Il rappelle que dans les autres festivals, on ne tolérerait jamais une telle consommation dans les rues.

Même son de cloche au Dagobert, où son directeur, Yann Latouche, estime que la fête est devenue «une beuverie à ciel ouvert. Ça démontre un spectacle qu'on ne veut pas voir. Quand on voit les attroupements, année après année, c'est certain qu'on a toujours un peu peur qu'il y ait des fils qui se touchent, quelque part». Pour lui, l'alcool qu'on apporte de chez soi amène une consommation abusive. Avec de la bière vendue sur place, plus chère, les jeunes auraient à tout le moins une limite. Celle du portefeuille.

Comme d'autres bars et restaurants, des efforts sont mis chaque année pour que l'établissement ne se transforme pas en toilettes publiques. Cent vingt agents de sécurité seront sur place pour protéger les commerces.

«Tout le monde est d'accord qu'il y a un problème», confirme le propriétaire du Savini, James Monti. «On veut le régler, on veut changer, il faut faire quelque chose. Maintenant, c'est de savoir si ça va régler tout. Ça, je ne crois pas.»

Pour M. Monti, il est important de protéger le Vieux-Québec, «trop fragile pour prendre des risques semblables». Il craint plus que tout une grosse émeute. «Moi, à la Saint-Jean, je ne dors pas.»

L'image de la ville

Au-delà de son commerce, c'est l'image de la ville qui le préoccupe. L'homme qui fait des affaires dans le Vieux-Québec depuis 40 ans croit qu'il suffit parfois d'une simple photographie, d'une image forte, pour donner l'impression que la ville est sens dessus dessous.

Pour la directrice générale du Loews Le Concorde, Renée Gosselin, au-delà de l'effet médiatique, ce qui l'inquiète, «c'est l'image que ça peut laisser à un touriste, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs, de ces fins de soirées qui sont peu reluisantes».

Les frais de sécurité sont devenus de plus en plus importants pour assurer la quiétude des clients.

La nouvelle directive disant qu'on ne pourra pas apporter son alcool sur place devra être largement diffusée afin que l'effet se fasse sentir dès cette année, ont souligné des restaurateurs.

Et si la fête devient moins intéressante pour les jeunes qui désirent s'intoxiquer abondamment, «peut-être que la population va recommencer à venir massivement l'an prochain, revenir en famille, croit André Verreault. Parce que les gens ne s'aventurent pas ici avec des enfants, le soir de la Saint-Jean».

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