Fête nationale: les jeunes tiennent à l'alcool

Seule la vente d'alcool à bas prix, soit... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Seule la vente d'alcool à bas prix, soit environ 2 $ par consommation, dissuaderait les jeunes interrogés dans l'étude de Léger Marketing d'apporter leur boisson.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) La Ville de Québec a beau vouloir interdire aux gens d'apporter leur alcool à la Saint-Jean-Baptiste, les jeunes entendent continuer à trimballer leur boisson avec eux, selon une étude Léger Marketing menée ce printemps.

Bières en canettes, mélanges alcoolisés, bouteilles d'alcool fort, boissons énergisantes et un peu d'eau pour s'hydrater : le contenu du sac du parfait fêtard dressé par la centaine de personnes rencontrées dans le contexte de cette étude en dit long sur le lien étroit que les jeunes Québécois font entre fête nationale et alcool.

En fait, les gens se sont dits attirés à Québec le soir du 23 juin avant tout par l'ambiance de fête où pratiquement tout est permis. Surtout boire beaucoup d'alcool en pleine rue, perçoivent-ils. Les gens interrogés ont même dit «normal et nécessaire» de consommer beaucoup d'alcool lors de cette soirée.

Les sondés se sont dits convaincus qu'il était toléré de consommer des boissons partout, disant qu'il s'agit là d'un trait caractéristique de la fête nationale à Québec par rapport à celle de Montréal, vue comme plus familiale. Même qu'une personne sur cinq (20 %) considère qu'il est permis de consommer de l'alcool dans les rues de la capitale le soir du 23 juin. Ce qui, en réalité, est interdit en tout temps, doit-on préciser.

Questionnés sur la possibilité d'interdire de se promener avec des consommations alcoolisées dans un vaste périmètre, les jeunes se montrent réticents, disant qu'ils continueraient néanmoins à apporter leur propre boisson, par souci d'économie. Seule la vente d'alcool à bas prix, soit environ 2 $ par consommation, les dissuaderait d'apporter leur boisson. D'autres consommeraient simplement davantage avant d'arriver sur les lieux.

Sur les réseaux sociaux mardi, plusieurs jeunes disaient d'ailleurs tenir à leur boisson à la fête nationale. «Si yorait po de d'alcool ou de drogues sa serait fucking homo la st jean», pouvait-on lire, tandis qu'un autre ajoutait que «ce srai dla marde sans drogues ou alcool». Même les parents des fêtards disent appuyer la tolérance dont la police de Québec a fait preuve ces dernières années.

Les adultes interrogés sur un contrôle plus important de l'alcool s'y sont opposés, craignant qu'un resserrement des règles ne crée des tensions ou même des émeutes.

«Bière de route»

Le coup de sonde de Léger Marketing a également permis de constater que la consommation d'alcool commençait bien avant l'arrivée des gens dans le secteur de la Haute-Ville. En fait, plusieurs provenant de l'extérieur de la région ont même admis boire en chemin vers Québec, ce qu'ils ont baptisé la «bière de route». Conducteurs compris. Le rapport du sondeur recommande d'ailleurs d'étendre les barrages policiers les 23 et 24 juin pour contrôler les chauffeurs trop intoxiqués devant la quantité de personnes ayant admis avoir conduit en état d'ébriété.

Paradoxalement, alors que la Ville craint de plus en plus les débordements, les deux tiers (67 %) des répondants à un sondage mené en ligne auprès de 1000 personnes jugent la fête sécuritaire le soir du 23 juin. Seulement une personne sur cinq (20 %) estime au contraire que l'événement est peu sécuritaire.

Un spectacle à rajeunir... et à angliciser

Le spectacle présenté sur les plaines d'Abraham le soir du 23 juin intéresse peu les fêtards. À peine 14 % des répondants à un sondage Léger Marketing mené auprès de 1000 personnes ont dit se déplacer pour entendre les artistes se produisant sur scène.

Dans les groupes de discussion créés à la suite de ce coup de sonde, les gens ont demandé à ce que la programmation soit rajeunie. Si les Cowboys Fringants et Loco Locass sont vus comme des «incontournables», les organisateurs devraient éviter d'inviter d'autres artistes comme Marjo ou Isabelle Boulay, ont pris soin de préciser les participants.

Éprouvant de la difficulté à identifier des artistes québécois qu'ils souhaiteraient voir en spectacle, les jeunes ont d'ailleurs inclus dans leurs choix un D.J. néerlandais, Tiësto. De plus, les organisateurs auraient intérêt à revoir leur position sur la langue utilisée lors des spectacles puisque plusieurs des groupes jugés intéressants chantent en anglais, comme Simple Plan et Arcade Fire.

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