79e congrès de l'ACFAS: avoir une mémoire de bilingue

Les personnes âgées qui maîtrisent deux langues semblent...

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Les personnes âgées qui maîtrisent deux langues semblent avoir une meilleure mémoire contextuelle que les unilingues, selon une étude menée par le doctorant en neuropsychologie à l'Université de Montréal Pier-Luc Massicotte.

(Sherbrooke) L'expression «avoir une mémoire d'éléphant» sera-t-elle remplacée, un jour, par «mémoire de bilingue»? Les gens qui maîtrisent deux langues semblent en tout cas avoir une meilleure mémoire contextuelle que les unilingues, suggère une étude préliminaire dévoilée hier au 79e congrès de l'ACFAS.

Menée par un doctorant en neuropsychologie à l'Université de Montréal, Pier-Luc Massicotte, l'expérience a consisté à exposer des personnes âgées (la moyenne étant de 74 ans) à une liste de 20 mots, dont la moitié était lue par un homme, l'autre par une femme. Une seconde liste de 20 mots, dont certains se trouvaient dans la première, était ensuite lue - toujours également par un homme et une femme. Les participants avaient pour tâche de dire au fur et à mesure si le dernier mot lu figurait dans la première liste et s'il avait été énoncé par un homme ou par une femme.

Le but de l'exercice était de mesurer ce que les psychologues appellent la «mémoire de source», soit la capacité à se souvenir du contexte entourant un item.

Il ne s'agissait là, insiste M. Massicotte, que d'une enquête «exploratoire» de laquelle on ne peut tirer de conclusion solide, car elle reposait sur un échantillon de seulement 16 personnes. Mais ses résultats, fort intrigants, le poussent maintenant à grossir son bassin de participants.

En effet, si tout ce beau monde se souvenait des mots également, les bilingues se sont avérés nettement meilleurs que les unilingues pour identifier le sexe du lecteur ou de la lectrice, avec 77 % de bonnes réponses contre seulement 60 % pour les autres. L'écart était particulièrement grand quand le mot avait été lu par des personnes de sexes différents lors des deux lectures, à 62 % contre 32 %, alors que les deux groupes obtenaient le même taux de bonnes réponses lorsque le sexe du lecteur demeurait constant.

Une sorte de «frontière»

Selon M. Massicotte, cet écart peut s'expliquer par le fait que le bilinguisme demande au cerveau de maintenir une sorte de «frontière» entre les lexiques des deux langues, de façon à ce que les mots d'une langue ne s'«invitent» pas à la fête quand on est en train de parler l'autre.

D'autres expériences, dit le jeune chercheur, ont d'ailleurs montré que les bilingues sont meilleurs que les unilingues à maintenir ce genre de barrière. Ainsi, quand on montre des noms de couleurs écrits dans une autre couleur - le mot bleu écrit à l'encre rouge, par exemple -, ceux qui parlent deux langues sont plus rapides à identifier la couleur de l'encre que ceux qui n'en connaissent qu'une seule.

«Ça montre que leur capacité à gérer l'interférence est meilleure», dit M. Massicotte. Cela pourrait expliquer, poursuit-il, pourquoi les bilingues et les unilingues réussissaient également quand le lecteur ne changeait pas - puisqu'il n'y avait alors aucune interférence.

Notons que ces travaux ont été réalisés à l'Institut de gériatrie de Montréal, affilié à l'UdM, sous la supervision de la Dre Nicole Caza.

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