Fête nationale: une violence en dents de scie depuis 20 ans

Dans les heures suivant le drame, des policiers... (Photothèque Le Soleil)

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Dans les heures suivant le drame, des policiers ont examiné les restes du feu de joie dans lequel un jeune de 25 ans s'est immolé. C'était en juin 1991.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Épicentre des fêtes de la Saint-Jean-Baptiste à Québec depuis la Révolution tranquille, les plaines d'Abraham et la haute ville ont connu leur lot de violence, surtout depuis le début des années 90.

> 1991

La première année noire. Un homme de 25 ans, fortement intoxiqué, s'était immolé dans le feu de joie. La même soirée du 23 juin, un homme est mort sur le site après avoir été poignardé au thorax par un adolescent.

> 1994 et 1995

Le climat dégénère à la place D'Youville. Des dizaines de jeunes affrontent la police.

> 1996

Première «vraie» émeute. Au moins 80 personnes sont arrêtées, et les dommages aux édifices et aux commerces sont considérables. Une foule évaluée à 2000 personnes attaque même l'Assemblée nationale. Les policiers, évalués à 240 agents, sont rapidement débordés.

> 1997

Nouvelle émeute à la place D'Youville, une centaine d'arrestations, mais moins de dommages matériels. Pour la première fois, les organisateurs décident de prolonger le spectacle sur les Plaines pour éviter que la foule parte en masse. La stratégie semble fonctionner et sera reprise tous les ans.

> Années 2000

La fête reprend ses droits; les policiers rapportent chaque année moins d'une vingtaine d'arrestations.

> 2007

D'autres événements malheureux, toutefois. Un touriste français pousse du haut des murs de la Citadelle un jeune homme, qui subira une grave blessure au dos.

> 2009

Un groupe d'une dizaine de jeunes agresse à coups de pistolet électrique et de poivre de Cayenne d'autres jeunes fêtards.

> 2010

La dernière Saint-Jean-Baptiste a été particulièrement mouvementée avec au total 27 arrestations et une agression au couteau qui a fait un blessé grave sur Grande Allée.

Une petite recherche dans les archives nous rappelle que dès 1974, un feu de joie et parfois aussi un spectacle attiraient quelques milliers de personnes sur les plaines d'Abraham.

En 1977, la Commission des champs de bataille nationaux, propriétaire du lieu, avait tenté d'interdire les rassemblements pour la Saint-Jean-Baptiste, prétextant les ravages faits à son terrain. Elle avait finalement reculé.

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