Euthanasie: le Dr Lossignol explique l'expérience belge aux Québécois

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Le Dr Dominique Lossignol, qui pratique en Belgique, prononce ce matin une conférence au Montmartre canadien.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

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(Québec) Comme tout médecin, le Dr Dominique Lossignol a été formé pour soigner, pour protéger la vie. Mais quand la vie n'est plus que souffrance et qu'un patient lui demande de l'aider à mourir dans la dignité, le Dr Lossignol collabore entièrement. Pour lui, il s'agit d'un geste de compassion ultime.

Non, le Dr Lossignol n'agit pas en contravention de la loi. De nationalité belge, il pratique dans son pays, où l'euthanasie a été légalisée en 2002. À l'heure où le Québec réfléchit à la question, ce spécialiste en cancérologie de l'Institut Jules-Bordet, à Bruxelles, est venu au Québec donner quelques conférences. Il parle au Montmartre canadien jeudi matin. Mercredi soir, il rencontrait les membres de la Commission parlementaire sur le droit de mourir dans la dignité, pour témoigner de l'expérience belge.

Le cadre dans lequel s'exerce l'euthanasie en Belgique est bien défini. Elle doit obligatoirement se faire en présence d'un médecin. Le patient doit être conscient ou doit avoir clairement exprimé son souhait alors qu'il l'était; il doit souffrir d'une affection incurable grave entraînant de gran­des souffrances physiques ou psychiques, avoir demandé de l'aide de son propre chef et de manière répétée et sereine, confirmer sa demande par écrit, et ne pas subir de pression extérieure. La mort peut être imminente, mais pas obligatoirement.

Environ 800 Belges bénéficient de l'aide médicale pour mourir chaque année.

Des craintes exprimées

Bien sûr, la dépénalisation ne s'est pas faite sans débat. En Belgique comme ailleurs, des craintes ont été exprimées : peur que l'euthanasie soit pratiquée pour des motifs économiques, sur des personnes handicapées, déficientes, pauvres, pour libérer des lits... Le gouvernement a institué une commission de révision, chaque cas est revu, et aucun dérapage n'a été relevé, assure le médecin.

Selon lui, le nouveau contexte a plutôt permis de rassurer les médecins, qui se retrouvent dans un cadre légal, de même que les citoyens en général et les grands malades qui savent qu'ils ont ce recours si un jour leurs souffrances deviennent insupportables.

Bien qu'il ne s'agisse jamais d'une partie de plaisir, la légalisation a aussi permis aux mourants et à leurs familles de vivre ce moment de grande émotion dans la sérénité. «La famille est presque toujours présente, les gens sont préparés, ont eu le temps de se parler. Il n'y a pas de regret de ce qui n'a pas été dit, pas de culpabilité de ne pas avoir été là.»

Quant au malade lui-même, qui attend ce moment depuis longtemps - il y a toujours un long délai entre la demande et le geste ultime -, il est en paix. «Je me souviens de tous ceux que j'ai aidés, ils disent toujours merci d'avoir été là, de les avoir aidés.»

L'une des surprises de l'expérience belge aura été de constater qu'une partie importante des demandeurs reçoit des soins palliatifs. Pour bien des opposants, la disponibilité de ces soins devrait permettre d'éviter ce type de demande. Il semble que ce ne soit pas le cas.

La conférence du Dr Lossignol a lieu ce matin, de 9h30 à 12h, au Montmartre canadien, 1669, chemin Saint-Louis. Elle est organisée par le Collectif mourir digne et libre. Contribution volontaire.

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