Les gens de Québec sont fiers... mais complexés, dit Rapaille

Clotaire Rapaille s'étonne: «Est-ce qu'on peut comprendre Québec... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Clotaire Rapaille s'étonne: «Est-ce qu'on peut comprendre Québec sans comprendre Montréal? À chaque fois que je parle de Québec, les gens me parlent de Montréal.»

Le Soleil, Patrice Laroche

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Québec et son image

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Québec et son image

Lasse de l'expression «Vieille Capitale» qui lui est accolée, la Ville de Québec fait appel au «gourou» Clotaire Rapaille pour «revamper» son image de marque. »

(Québec) Masochistes, les gens de Québec sont partagés entre un profond amour pour leur ville et une «passion pour les radios poubelles» qui malmènent leur bien-aimée. Sans oublier leur obsession pour Montréal. Sa première impression de Québec faite, le «psychanalyste des marques» Clotaire Rapaille dit commencer son véritable travail: trouver comment tirer profit de ces «tensions» pour vendre la ville.

En conférence devant un groupe de relationnistes et de publicitaires de la région mercredi matin, le Français vivant aux États-Unis a partagé les premiers résultats de ses travaux commandés par l'administration Labeaume pour rajeunir l'image de la «Vieille Capitale». Et comme les patients invités à s'allonger sur le canapé d'un psy, les gens de Québec risquent bien d'être d'abord choqués par le tableau brossé par le Dr Rapaille.

«Pourquoi, les Québécois, vous êtes absolument sûrs d'être accueillants, d'être chaleureux, d'être ouverts à tout le monde, que vous souriez à tout le monde, que vous n'êtes pas comme les gens de Montréal? Tout ça et, en même temps, vous êtes passionnés par les radios poubelles, par tous ceux qui détruisent, démolissent. Pourquoi?» a exposé le spécialiste de l'image, intrigué par cette dualité.

S'il a été fortement marqué par l'«amour», l'attachement à la ville, M. Rapaille trouve révélateur l'importance accordée à la radio parlée. «Vous avez le côté émotionnel très fort, mais aussi le côté critique. Les [radios] poubelles, la répression, le 'faut pas réussir', qui est aussi très fort.»

Le Français dit d'ailleurs avoir écouté de la radio poubelle - sans préciser quelle station - pour mieux comprendre le phénomène qui, s'il n'est pas limité à la capitale, semble y exercer une influence plus grande.

«C'est pas uniquement à Québec, mais on ne m'en avait jamais parlé dans mes autres groupes [de discussion]. Il y a un plaisir dans le masochisme, sinon pourquoi ça marcherait? Il y a un plaisir à entendre 'regardez, on est petits, on n'arrive pas vraiment, on est contre l'argent, on est contre la réussite, on est des porteurs d'eau'.»

M. Rapaille a fait la même analogie de sadomasochisme pour parler de la relation entre le Québec et le reste du Canada. Le Français a prédit un interminable débat sur la séparation de la province.

Selon lui, les Québécois aiment «éprouver le plaisir de la séparation qui ne se fait pas. Vous êtes un couple sadomaso et ça va durer comme ça pour toujours. Si vous vous séparez, c'est foutu, on ne peut plus jouer.»

«Dans un couple sadomaso, le sadique a besoin du maso et le maso, du sadique. Ils ne vont jamais aller jusqu'à se tuer parce qu'ils ne pourront plus jouer le lendemain matin. Ça dure longtemps ces couples, ce sont les plus stables.»

Rivalité avec Montréal

Le psychanalyste ayant confessé près d'une dizaine de groupes jusqu'à présent dit avoir été étonné par l'omniprésence de la métropole québécoise dans le discours des gens de Québec.

«Est-ce qu'on peut comprendre Québec sans comprendre Montréal? À chaque fois que je parle de Québec, les gens me parlent de Montréal. Vous ne pouvez pas vous définir sans qu'il y ait Montréal derrière. C'est très intéressant. Je ne porte pas de jugement, mais ça fait partie d'une tension, d'un rapport qu'il faut découvrir», poursuit-il.

Pour vendre Québec, Rapaille en vient à la conclusion qu'il doit trouver comment parler à la fois d'ouverture aux étrangers tout en rassurant les habitants sur la protection de leur ville. «C'est un défi, mais je n'y vois pas de contradiction.»

«La tension, c'est 'est-ce qu'on est ouverts?' Oui bien sûr, mais on ne veut pas être trop ouverts. On a un truc, une formule, une solution, on ne veut pas la perdre. On n'est pas comme Montréal», résume-t-il.

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