Squat Basse-Ville joue son avenir

(Québec) Menacé de fermeture à défaut de réaliser de coûteux travaux dans ses locaux du presbytère Saint-Roch, l'organisme d'aide aux jeunes fugueurs Squat Basse-Ville joue son avenir cette semaine alors qu'il déposera une ultime contre-proposition à la Régie du bâtiment.

D'abord menacé d'amendes en décembre par la Ville de Québec s'il n'effectuait pas des travaux évalués à 180 000 $ pour rendre ses locaux conformes aux exigences de la Régie du bâtiment, l'organisme a vu la semaine dernière un inspecteur de la Régie revoir à la hausse le montant des travaux requis.

«Nous avons reçu cette semaine un avis de défectuosité de la Régie avec une liste de travaux qui totalisent maintenant 300 000 $ à réaliser d'ici 15 jours!» explique Louise Fortin, directrice générale de Squat Basse-Ville, qui planche en même temps sur un projet de déménagement qui pourrait se concrétiser d'ici un an et demi.

«Depuis deux ans, la Régie nous tolérait en vertu d'un arrangement temporaire jusqu'à ce qu'on puisse trouver un autre endroit. Il était impossible pour nous de trouver 180 000 $ pour se conformer à leurs exigences, alors vous imaginez que c'est impensable de penser dénicher 300 000 $», poursuit Mme Fortin.

Contre-proposition

La directrice générale travaille présentement à une contre-proposition qu'elle déposera aujourd'hui à la Régie du logement dans l'espoir que Squat Basse-Ville puisse poursuivre ses activités.

«Nous allons présenter quelque chose, mais les améliorations que nous pourrons apporter aux locaux actuels ne pourront pas vraiment dépasser 10 000 $, compte tenu de notre budget et de notre capacité d'aller chercher du financement», poursuit-elle, ajoutant qu'elle attendait une réponse cette semaine.

La partie s'annonce cependant très difficile. «J'ai contacté aujourd'hui [hier] M. Gilles Lemieux, directeur territorial de l'Est pour la Régie du bâtiment, et il m'a répété que des travaux de 300 000 $ étaient demandés et que ce n'était pas une stratégie de leur part. Il a ajouté qu'il était faux de prétendre que la Régie accepterait des travaux de l'ordre de 10 000 $», explique Mme Fortin.

«Ils nous ont tolérés durant deux ans. Nous sommes prêts à faire un peu plus, mais si on nous impose des travaux de 300 000 $, on nous ferme et nous nous retrouvons à la rue», conclut la dg, soulignant qu'une fermeture, même temporaire, créerait un vide pour les jeunes fugueurs et forcerait l'organisme à rebâtir tous ses contacts avec le milieu.

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