Piquerie supervisée: le projet de Québec compromis

Douche froide pour les partisans d'un centre d'injection supervisé à Québec. Le... (Photothèque La Presse)

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(Québec) Douche froide pour les partisans d'un centre d'injection supervisé à Québec. Le gouvernement Harper a annoncé hier qu'il demandait à la Cour suprême de renverser une décision qui avait permis au centre Insite de Vancouver de rester ouvert.

«C'est vraiment décevant, mais ce n'est pas surprenant», laisse tomber Mario Gagnon, directeur général de Point de Repères.

L'organisme d'aide aux toxicomanes travaille à un projet-pilote de centre d'injection supervisé, avant même que le ministre de la Santé Yves Bolduc ne se prononce sur la question. Or, voilà que la décision du gouvernement Harper de porter le cas d'Insite devant le plus haut tribunal au pays pourrait sinon annuler, du moins ralentir la réalisation de son projet. «On continue, mais c'est très démotivant pour les troupes», indique le dg de Point de Repères.

Pourtant, rappelle Mario Gagnon, plusieurs organismes, dont l'Institut de la santé publique du Québec (INSPQ), ont souligné l'effet de ces centres d'injection sur la réduction des maladies et des surdoses. Des arguments auxquels le gouvernement Harper est insensible, estime M. Gagnon.

«Rendu là, c'est de l'acharnement qui repose sur de l'idéologie. C'est inexplicable quand on voit que les données scientifiques sont probantes.»

Décision dans trois mois

On devrait savoir d'ici environ trois mois si la Cour suprême juge la demande du gouvernement recevable.

Cette demande du fédéral survient après une décision, le 15 janvier, de la Cour d'appel de la Colombie-Britannique, qui a débouté le gouvernement Harper qui voulait fermer le centre Insite. Le tribunal avait alors confirmé une décision selon laquelle ce service est utile et que les gouvernements provinciaux ont la compétence en matière de santé.

Un point de vue que ne partage pas le ministre canadien de la Justice, Rob Nicholson, selon qui la cause soulève des questions quant à «l'exclusivité des compétences et au partage des pouvoirs entre les gouvernements fédéral et provinciaux».

Quant au ministre de la Santé, Yves Bolduc, sa porte-parole Karine Rivard a indiqué hier qu'il étudiait toujours le rapport de l'INSPQ et le jugement de la Cour d'appel. «On verra aussi si la demande en Cour suprême sera jugée recevable. C'est certain que ça va teinter notre réflexion et on suit ça de près.»

Avec La Presse Canadienne

 

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