Congédiée pour activité syndicale: Transcontinental forcé de réintégrer une journaliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La Commission des relations du travail a récemment forcé Médias Transcontinental à réintégrer une journaliste de l'hebdomadaire Charlesbourg Express qui avait été congédiée le 2 avril 2008, veille du dépôt d'une requête en accréditation syndicale visant les salariés du groupe de presse en poste à Québec.

Embauchée en mai 2007, la journaliste Véronique Demers, qui travaillait autrefois aux Hebdos Transcontinental à Laval, s'était vu confier la responsabilité du Charlesbourg Express.En janvier 2008, la journaliste a entrepris des démarches en vue de syndiquer le personnel des hebdos de Transcontinental à Québec, envoyant des courriers électroniques à partir de son bureau et organisant une réunion au mois de mars.

Difficultés financières

Au même moment, l'employeur enregistre une baisse de ses recettes publicitaires à la suite du lancement du journal Québec Hebdo, couvrant l'ensemble de la région de Québec et qui est venu gruger une bonne partie des revenus publicitaires des autres hebdos du groupe.

L'employeur décide alors de rationaliser les activités de l'entreprise et d'éliminer un poste. C'est finalement Mme Demers qui écope, à la suggestion du directeur de l'information à Québec, Damien Rousseau, et du rédacteur en chef, François Cattapan.

Les deux cadres ont prétendu que la journaliste s'était placée en situation d'apparence de conflit d'intérêts en consacrant la une du journal à la réouverture de la station de radio communautaire CIMI FM, où elle avait déjà agi à titre de bénévole comme collaboratrice et chroniqueuse aux activités locales.

Pas convaincu

Dans sa décision, le commissaire Louis Garant s'est dit convaincu que l'entreprise était effectivement en situation financière difficile mais a précisé que l'employeur n'avait pas réussi à le convaincre que c'était pour cette seule raison que la journaliste avait été mise à la porte.

«Les motifs que l'employeur donne laissent perplexe. En effet, on reproche (...) la publication à la une du journal de la réouverture d'une station de radio communautaire. Or, M. Cattapan a autorisé cette mise en page», explique-t-il dans son jugement.

M. Garant souligne aussi que, quelques semaines plus tôt, l'employeur avait signalé, dans une évaluation du rendement de la journaliste, que sa performance était constante, qu'elle répondait pleinement aux attentes liées à son poste, qu'elle se débrouillait bien et qu'elle avait déjà développé un bon réseau de contacts.

Le commissaire n'a pas cru non plus les prétentions de l'employeur, qui disait ignorer les activités syndicales qui se tramaient dans l'entreprise.

«Il est étrange que la main droite de l'employeur ignore ce que sa main gauche fait», écrit-il, soulignant que l'employeur avait envoyé une mise en demeure au syndicat et que tous les employés ayant assisté à la réunion syndicale connaissaient la date du dépôt de la demande d'accréditation.

En plus de réintégrer la journaliste dans son équipe, Transcontinental a également dû lui verser l'équivalent du salaire et des autres avantages perdus durant la période de plus de huit mois durant laquelle elle avait été congédiée.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer