Hiberner pour voyager dans l'espace, possible ?

Le scénariste de Passengers Jon Spaihts a confié avoir été... (Fournie par Columbia Pictures)

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Le scénariste de Passengers Jon Spaihts a confié avoir été tiraillé entre les besoins dramatiques du film et la science de l'hibernation.

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Frankie Taggart
Agence France-Presse

De Passengers à Alien en passant par Interstellar, les films hollywoodiens de science-fiction font depuis longtemps appel au concept d'hibernation pour parer aux difficultés des voyages dans l'espace lointain, mais cette technologie futuriste pourrait bientôt devenir réalité.

L'hibernation, ou sommeil artificiel prolongé permettrait de rester en vie pendant la traversée de distances intersidérales, de réduire les besoins en nourriture, en eau, etc. Cela diminuerait le coût - et l'ennui - tout en augmentant la faisabilité de pareils voyages.

Cette technologie a jusqu'à présent été cantonnée à l'imagination fertile de réalisateurs comme Woody Allen (Woody et les robots), Ridley Scott (Alien), James Cameron (Avatar) ou Christopher Nolan (Interstellar).

La société Spaceworks Enterprises, basée à Atlanta (est des États-Unis), pourrait y remédier. Grâce à une bourse de 500 000 dollars de la Nasa (l'agence spatiale américaine) et en s'appuyant sur des techniques médicales utilisées pour les traumatismes crâniens et les attaques cardiaques, elle travaille sur un concept d'état métabolique ralenti pour des missions vers Mars et la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter.

«Cela prend six mois pour aller sur Mars (...) Il y a beaucoup d'exigences, beaucoup d'équipements nécessaires pour garder les gens en vie pendant cette durée», a remarqué John Bradford, directeur général de Spaceworks, lors d'une table ronde à Los Angeles (sud-ouest) en amont de la sortie mercredi dernier aux États-Unis de Passengers.

Dans ce thriller, Chris Pratt et Jennifer Lawrence sont deux étrangers qui embarquent pour un voyage de 120 ans à destination de la lointaine colonie Homestead II, et sont placés en hibernation.

Les hôpitaux font déjà baisser artificiellement la température de patients victimes de traumatismes d'environ 12 degrés pour obtenir une réduction de 70 % de leur métabolisme. Mais cela ne dure que quelques jours.

«Nous évaluons» cette technique pour une application spatiale, car «nous pensons que c'est médicalement possible», a assuré M. Bradford.

L'un des principaux défis serait de ramener sans séquelles les astronautes à une température et à un métabolisme normaux.

Dans un liquide visqueux

Autre difficulté, même pour une distance modeste à l'échelle cosmique, d'aller sur Mars: s'assurer que les astronautes aient assez de temps pour récupérer après être sortis du sommeil très profond et prolongé de l'hibernation, a ajouté M. Bradford.

Le scénariste de Passengers Jon Spaihts a confié avoir été tiraillé entre les besoins dramatiques du film et la science de l'hibernation. Ce «n'est pas un état dont la Belle au bois dormant sortirait particulièrement radieuse», a-t-il remarqué.

«Dans le film, l'hibernation est un peu plus magique parce que les personnages sont si mignons dans leurs cabines», mais dans la réalité, ils ressembleraient davantage à des «gens qui flottent dans un liquide visqueux ou congelés comme des Esquimaux, ce serait moins romantique», a-t-il ajouté.

Autre idée futuriste caressée par Passengers: une planète lointaine qui ressemblerait suffisamment à la Terre pour être habitée par les humains.

Avant 1989, les scientifiques n'avaient identifié que neuf planètes dans l'univers - celles en orbite autour du Soleil -, mais ils ont depuis découvert 3545 exoplanètes (situées hors de notre système solaire) et ont rétrogradé Pluton en "planète naine".

«Pour les enfants qui grandissent aujourd'hui, savoir qu'il y a des milliers et des milliers de planètes existantes, c'est fou - sachant qu'il y a probablement de la vie dans ces mondes distants», a souligné Tiffany Kataria, du Laboratoire de propulsion spatiale de la Nasa à Pasadena, en Californie, lors de la table ronde.

La Nasa doit lancer un satellite d'étude des exoplanètes dans un an pour découvrir davantage de nouveaux mondes autour des étoiles les plus brillantes de la galaxie, où la découverte de planètes similaires à la Terre serait la plus probable.

En octobre 2018, l'agence spatiale américaine prévoit aussi d'envoyer en orbite, en collaboration avec les agences européenne et canadienne, le télescope spatial James Webb, pour étudier la composition chimique d'exoplanètes.

Quelle est la probabilité de trouver dans l'univers une planète avec la bonne atmosphère, la bonne gravité et la protection contre les radiations permettant la vie humaine?

«On n'en sait rien. Ça doit exister», a conclu Mme Kataria.

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