Les fausses bonnes idées des prix Nobel

Une fois décernés, les six prix Nobel ne peuvent être retirés et les jurés... (Archives AFP)

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Karl Ritter
Agence France-Presse
STOCKHOLM

Une fois décernés, les six prix Nobel ne peuvent être retirés et les jurés chargés de les remettre doivent donc soigneusement réfléchir aux récipiendaires. Une découverte qui peut sembler extraordinaire aujourd'hui pourrait bien ne pas passer l'épreuve du temps.

Le créateur des prix, Alfred Nobel, voulait honorer ceux dont les découvertes bénéficieraient le plus à l'être humain. Alors que les jurés s'apprêtent à dévoiler les noms des lauréats pour cette année, voici cinq de leurs choix les plus douteux.

L'artisan des attaques au gaz récompensé

Fritz Harber a reçu le prix Nobel de chimie en 1918 pour avoir découvert comment créer de l'ammoniac à partir de l'azote et de l'hydrogène. Sa méthode a été utilisée pour fabriquer des fertilisants et a donné un coup de pouce important à l'agriculture partout dans le monde. Le comité du prix Nobel a toutefois complètement ignoré le rôle joué par le scientifique dans les attaques chimiques survenues durant la Première Guerre mondiale. Partisan enthousiaste des efforts de guerre de l'Allemagne, M. Harber a supervisé le premier assaut majeur au gaz chloreux à Ypres, en Belgique, en 1915, lequel a tué des milliers de soldats alliés.

Fausse découverte sur le cancer

Le chercheur danois Johannes Fibiger a gagné le prix Nobel de médecine en 1926 pour avoir établi qu'un ascaride causait le cancer chez les rats. Le hic, c'est que ce n'était pas vrai. M. Fibiger a insisté sur le fait que ses études montraient que les rats ayant ingéré la larve du ver en mangeant des cafards avaient développé le cancer. Au moment où il a reçu la récompense, les juges ont estimé que cela était parfaitement plausible. Des recherches subséquentes ont toutefois prouvé que le cancer chez les rats avait plutôt été provoqué par une carence en vitamine A...

Le Nobel de littérature 1948 T.S. Eliot en... (Archives AP) - image 2.0

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Le Nobel de littérature 1948 T.S. Eliot en compagnie du Nobel de médecine Paul Müller. Ce dernier avait été récompensée pour sa découverte du DDT.

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Un pesticide controversé

En remettant le prix Nobel de médecine au chercheur suisse Paul Müller en 1948, les juges voulaient souligner une découverte qui a fini par se révéler à la fois bonne et mauvaise. M. Müller n'a pas inventé le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), mais il a découvert qu'il s'agissait d'un puissant pesticide pouvant tuer une grande quantité de mouches, de moustiques et de coléoptères en peu de temps. La substance s'est avérée d'une redoutable efficacité pour protéger les cultures et lutter contre les maladies transmises par les insectes comme le typhus et le paludisme. Le DDT a sauvé des milliers de vies et a contribué à débarrasser le sud de l'Europe du paludisme. Mais dans les années 60, les écologistes ont réalisé que le DDT empoisonnait la faune et l'environnement. Les États-Unis ont interdit la substance en 1972 et, en 2001, cette dernière a également été bannie dans le cadre d'un traité international, avec quelques exemptions pour les pays combattant le paludisme.

Jouer dans le cerveau des gens

Jouer dans le cerveau des gens semblait peut-être une bonne idée en 1949, époque où le scientifique portugais António Egas Moniz a reçu le prix Nobel de médecine pour avoir inventé la lobotomie comme traitement pour les problèmes de santé mentale. Dans les années 40, cette méthode a connu une grande popularité et, lors de la remise des prix Nobel, elle a été présentée comme «l'une des découvertes les plus importantes jamais faites en psychiatrie». Mais la lobotomie avait de graves effets secondaires : certains patients en sont morts alors que d'autres ont subi des dommages cérébraux irréparables. Même les interventions considérées comme réussies ont laissé les patients dans des états léthargiques. Le traitement a rapidement perdu du terrain dans les années 50 à mesure que les médicaments devenaient le moyen privilégié pour soigner les troubles de santé mentale. Aujourd'hui, il est très rarement utilisé.

Gandhi a été mis en nomination à cinq... (Archives AP, James A. Mills) - image 3.0

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Gandhi a été mis en nomination à cinq reprises pour le prix Nobel de la paix, mais ne l'a jamais remporté.

Archives AP, James A. Mills

Pas de Nobel de la paix pour Gandhi

Mohandas Karamchand Gandhi, le leader de l'indépendance indienne, considéré comme l'un des plus importants champions de la non-violence, a été mis en nomination à cinq reprises pour le prix Nobel de la paix, mais ne l'a jamais remporté. Les juges, qui reconnaissent rarement leurs erreurs, ont fini par admettre qu'ils avaient commis une bourde en ne récompensant pas Gandhi. En 1989, soit 41 ans après la mort du guide spirituel, le président du comité des prix Nobel lui a rendu hommage en remettant la récompense au lauréat de cette année-là, le dalaï-lama.

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