Le cratère Manicouagan aura-t-il «son» extinction de masse?

L'énorme cratère Manicouagan sur la Côte-Nord fait 90... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

L'énorme cratère Manicouagan sur la Côte-Nord fait 90 km de diamètre.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) BLOGUE / La météorite qui a ouvert l'énorme cratère Manicouagan - 90 km de diamètre, sixième plus grande trace d'impact au monde - sur la Côte-Nord il y a 215 millions d'années, aurait-elle causé une extinction de masse?

Jusqu'à maintenant, on ne lui en connaissait aucune, contrairement au célèbre cratère Chicxulub, au Mexique (260 km de diamètre), fortement soupçonné d'avoir rayé les dinosaures de la carte. Mais une équipe de chercheurs japonais vient peut-être de mettre le doigt dessus...

Dans la revue savante Scientific Reports (rattachée au groupe Nature), une équipe dirigée par le géologue Tetsuji Onoue, de l'Université de Kumamoto, dit avoir trouvé plusieurs signes suggérant qu'à tout le moins, l'impact cataclysmique aurait profondément et durablement bouleversé les écosystèmes marins de l'époque.

Les chercheurs ont trouvé une couche géologique de 4 à 5 cm d'épaisseur dans des sédiments du Pacifique qui date de 215 millions d'années et qui porte des signes patents d'un impact de grande échelle - pic soudain dans l'abondance de certains éléments (ici des éléments de la «famille» chimique du platine), microsphérules se formant à de très hautes températures, etc. Onoue et ses collègues ont examiné les sédiments qui se sont déposés par-dessus, au large du Japon, plus particulièrement à la recherche des squelettes microscopiques en silice que laissent derrière eux certains types de plancton appelés radiolaria ou radiolaires.

Résultat: avant l'impact, ces radiolaires déposaient tous les 1000 ans environ 0,1 gramme de squelettes par centimètre carré de fond marin, mais leur «productivité» s'est écroulée de 80 à 90 % immédiatement après le choc, et ce, pour environ 300 000 ans. La productivité générale de silice biogénique (il n'y a pas que les radiolaires qui en sécrètent) s'est elle aussi écroulée pour quelques dizaines de milliers d'années. Et, fait intéressant, les taux d'extinction des radiolaires ont littéralement explosé après l'impact - mais leur taux de spéciation, soit le rythme auquel de nouvelles espèces de radiolaires apparaissent, s'est lui aussi décuplé en même temps, ce qui a compensé.

Bref, la météorite a non seulement «tapé fort», elle pourrait aussi avoir complètement chamboulé la vie sur la planète.

Cela dit, cependant, on va quand même se garder une petite gêne pour l'instant, puisque ledit bouleversement n'a encore été observé que dans des échantillons au large du Japon. Mais si le même genre d'effet était documenté ailleurs sur la planète, cela deviendrait très intéressant. L'extinction de masse qui a marqué la fin du Triassique (- 252 à - 201 millions d'années) s'est étirée sur environ 15 millions d'années, notent les auteurs de l'étude, et a suivi une courbe en escalier plutôt que de survenir d'un seul coup, comme à la fin du Jurassique (la fin des dinosaures). L'impact de Manicouagan pourrait donc, si cette thèse se confirme, avoir en quelque sorte marqué le proverbial «début de la fin».

À suivre...

Pour participer au débat sur le blogue de Jean-François Cliche, rendez-vous sur http://blogues.lapresse.ca/sciences.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer