L'épuisement et l'anxiété gagnent les citoyens de Lac-Mégantic

Le recours collectif et les débats entourant la... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le recours collectif et les débats entourant la reconstruction du centre-ville ont pu générer leur lot de stress, de même bien sûr que le retour du train au centre-ville, l'an dernier.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Montréal) Les habitants de Lac-Mégantic ont initialement réagi avec force à la tragédie ferroviaire de l'été 2013, mais plusieurs indicateurs de santé mentale montrent que l'épuisement et l'anxiété sont en train de les gagner. Malgré le temps qui passe, «on voit qu'il y a une souffrance et des besoins qui persistent», et qui même empirent, a démontré mardi la directrice de la santé publique de l'Estrie, Mélissa Généreux, lors d'une présentation au congrès de l'ACFAS.

Des enquêtes menées annuellement depuis l'accident auprès de 1600 Estriens, dont environ 250 Méganticois, montrent en effet que, hormis des troubles anxieux plus fréquents que dans le reste de la région (10 % c. 6 %), les gens de Lac-Mégantic gardaient un assez bon moral en 2014, un an après le déraillement qui a détruit le centre-ville de l'endroit et tué 47 personnes. La proportion de Méganticois qui avaient une «santé mentale florissante» - mesurée par 14 questions positives comme «êtes-vous heureux», «ressentez-vous un sentiment d'appartenance à votre communauté», etc. - était la même qu'ailleurs en Estrie, à 50 %. Mais en 2015, seulement 44 % des Méganticois se trouvaient dans cet état mental «optimal», alors que la tendance régionale était à la hausse (55 %).

Scores de résilience

De même, les scores de résilience, soit la capacité de traverser une épreuve et de «retomber sur ses pieds», se sont détériorés : en 2014, 56 % des Méganticois obtenaient des scores élevés de résilience (une proportion identique au reste de la région, d'ailleurs), alors qu'ils n'étaient plus que 48 % en 2015. Encore une fois, cela va à l'inverse de la tendance régionale - 63 % des Estriens montraient une forte résilience l'an dernier.

Et les troubles anxieux, déjà plus fréquents à Lac-Mégantic en 2014 (10 % c. 6 %), le sont maintenant deux fois plus, touchant 14 % de la population de la ville, contre 7 % dans le reste de la région.

Pour la Dre Généreux, c'est là le résultat d'un certain épuisement de la population et de quelques «stresseurs» supplémentaires. «C'est sûr qu'on reste dans les hypothèses, mais ce qu'on comprend dans la littérature scientifique, c'est que dans les premiers mois, et ça peut aller jusqu'à un an, on est encore sur l'adrénaline, on a beaucoup de soutien de l'extérieur, on sent que les gens sont derrière nous, donc cette force-là qu'on a en dedans va ressortir. Mais ça peut s'épuiser et, en même temps, le soutien de l'extérieur va diminuer lui aussi.»

Autres sources de stress

Le recours collectif et les débats entourant la reconstruction du centre-ville ont également pu générer leur lot de stress, de même bien sûr que le retour du train au centre-ville, l'an dernier. «Plusieurs citoyens m'ont dit qu'avant [la catastrophe de 2013] ils ne l'entendaient plus, le train. Ça faisait partie du paysage. Maintenant, il n'y a plus personne qui me dit être capable de ne plus entendre le train. À chaque fois qu'il passe, ça réveille les gens, ça réveille un stress», indique la Dre Généreux.

Or malgré tout cela, les Méganticois ne vont pas davantage chercher d'aide auprès de psychologues et de travailleurs sociaux - bien au contraire. De 27 % qui avaient consulté en 2014, ils n'étaient plus que 16 % l'an dernier. Cela reste plus élevé qu'ailleurs en Estrie, et des ressources supplémentaires sont toujours disponibles dans cette localité, mais celles-ci ont changé. «Avant, dit la Dre Généreux, on avait une intervenante de proximité qui allait dans la communauté et qui incitait les gens à consulter. Progressivement, ce genre de ressource-là a été diminué, ce qui fait [... que] si on fait moins d'efforts pour aller chercher les gens, ça pourrait expliquer pourquoi ils consultent moins. Mais ce n'est certainement pas parce que les gens en ont moins besoin.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer