De nouvelles vertus pour le vin rouge et le café

Le vin rouge contribuerait à la diversité de... (Archives AFP)

Agrandir

Le vin rouge contribuerait à la diversité de la flore intestinale.

Archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Au rayon des nouvelles qui tombent juste à point pour la fin de semaine, celle-ci mérite certainement un prix: d'après une étude qui vient de paraître dans la revue Science, les aliments et les boissons riches en polyphénols, comme le vin rouge et le café, semblent favoriser une flore intestinale diversifiée. Et comme cette diversité est associée à une pléthore de bienfaits pour la santé, vous savez maintenant quoi boire vendredi soir et samedi matin...

La prestigieuse revue savante américaine a publié jeudi deux études majeures sur le microbiote intestinal, c'est-à-dire sur les centaines d'espèces de bactéries qui vivent dans l'intestin humain. En plus d'aider à la digestion, cette «flore intestinale» est impliquée dans une foule d'autres aspects de la santé, comme le diabète, l'obésité, les allergies et même la santé mentale, à certains égards. Et plusieurs problèmes de santé, comme le côlon irritable, sont associés d'une manière ou d'une autre à un microbiote peu diversifié.

Tablant sur des méthodes de séquençage génétique qui n'étaient pas ou peu disponibles il n'y a que quelques années, les deux études de Science ont analysé les gènes bactériens dans les selles de plusieurs milliers de personnes - près de 4000 dans une étude qui caractérise le microbiote «normal», et environ 1100 dans l'autre étude, qui tente de voir ce qui favorise ou nuit à la diversité de la flore intestinale.

Et parmi ces facteurs, écrivent les auteurs menés par Jingyuan Fu, de l'Université de Groningen, aux Pays-Bas, «la consommation de boissons gazeuses sucrées avait [dans l'échantillon] un effet négatif sur la diversité microbienne, alors que la consommation de café, de thé et de vin rouge, qui ont tous une teneur élevée en polyphénols, était associée à une diversité accrue. Le vin rouge en particulier était corrélé avec l'abondance de Faecalibacterium prausnitzii [une espèce de bactérie, NDLR], qui a des propriétés anti-inflammatoires, prévient le côlon irrité et a tendance à être plus abondante dans les microbiotes les plus riches.»

«Un aspect que je trouve intéressant dans cette étude, c'est que ça cible les sucres comme étant un facteur important de dysbiose, mesurée ici par une faible diversité de notre microbiote. On savait que c'était mauvais pour la santé, mais on ne savait pas que ça pouvait être pire que les graisses, du moins du point de vue de la diversité microbienne. [...] Ce que je dis souvent dans mes cours, c'est que la diversité de l'alimentation mène à la diversité du microbiote, qui mène à la santé», dit André Marette, chercheur à la Faculté de médecine de l'Université Laval et spécialiste du microbiote - qui n'a pas participé à ces deux études.

Science «très précoce»

Bien que son laboratoire étudie expressément, entre autres choses, le lien entre la flore intestinale et les polyphénols, M. Marette signale que «c'est une science encore très précoce», mais que l'on a tout de même quelques indications suggérant que le mucus, cette substance visqueuse que l'intestin sécrète pour faire barrière entre nos cellules et les bactéries. Chez certaines personnes qui ont des maladies inflammatoires de l'intestin, cette couche de mucus est particulièrement mince, ce qui amène une trop grande proximité entre nos cellules et les microbes - d'où l'inflammation.

«Mais on connaît des bactéries comme Akkermansia muciniphila, qui, curieusement, sont associées à une couche de mucus plus épaisse. Et je dis «curieusement» parce que cette bactérie-là se nourrit de mucus, elle en mange. [...] Maintenant, on est en train de faire des études pour voir quel est l'oeuf et quelle est la poule dans cette histoire. Est-ce que les traitements de polyphénols qu'on donne aux souris stimulent la production de mucus, et ensuite Akkermencia arrive parce qu'elle s'en nourrit? Ou est-ce qu'Akkermencia apparaît tout d'abord et, par des mécanismes qu'on connaît encore mal, va stimuler la production de mucus? On ne le sait pas encore.»

Mais quoi qu'il en soit, les deux études de Science sont «très intéressantes et très prometteuses [... parce que cela ouvre une porte sur] la possibilité de changer le microbiome. Ça, c'est une idée qu'on a parce qu'on sait que la composition du microbiote a un effet sur la santé, mais on ne sait pas comment le faire», commente Manuela Santos, chercheuse à l'Université de Montréal qui travaille elle aussi sur le microbiote.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer