Un peu d'eau d'un lac pour analyser les populations de poissons

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La méthode utilisée par l'équipe du biologiste de l'Université Laval Louis Bernatchez ne demande que de prendre quelques échantillons d'eau dans un lac.

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(Québec) Est-ce qu'un lac a été «surpêché» ces dernières années? Doit-on le «fermer» temporairement, ou est-ce que ses populations de poissons se maintiennent bien? Avoir une réponse sûre et objective à ce genre de question vient probablement de devenir beaucoup plus facile grâce aux travaux de chercheurs de Québec.

Hormis des méthodes bien imparfaites - nombre de prises déclarées en une saison, expérience des biologistes ou des gestionnaires, etc. -, la seule manière à peu près objective d'estimer les stocks de poissons dans un lac a toujours été de faire une campagne de captures avec des filets, puis d'en déduire la santé des populations. Mais cela demande du temps, du personnel et des moyens, en plus de nuire aux espèces que l'on capture.

Mais une équipe dirigée par le biologiste de l'Université Laval Louis Bernatchez a publié mercredi dans le Journal of Applied Ecology une méthode qui ne demande que de prendre quelques échantillons d'eau dans un lac. En effet, les poissons, comme tous les autres animaux, perdent constamment un peu de «matériel», et donc de l'ADN. Or comme celui-ci ne survit pas plus de quelques jours dans l'eau, il n'était pas interdit de penser que sa concentration dans l'eau pourrait donner une «image» très récente de l'abondance d'une espèce dans un lac donné.

Outils déjà existants

 «Les outils d'analyse génétique qu'il faut pour faire ça existent depuis au moins 10 ans, dit-il. Mais il s'agissait que quelqu'un ait l'intuition de se dire ''tiens, et s'il y avait de l'ADN dans l'eau des lacs?'' et y croie suffisamment pour l'essayer.»

C'est ce qu'ont fait M. Bernatchez, un professionnel de recherche Guillaume Côté, la postdoctorante Anaïs Lacoursière-Roussel et la biologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs Véronique Leclerc. Au printemps 2014, ils ont prélevé de l'eau en plusieurs points de 12 lacs du sud du Québec, répartis entre l'Estrie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, puis ont filtré ce qui s'y trouvait avant d'y rechercher et d'y quantifier les gènes appartenant au touladi, la fameuse «truite grise» ou «truite de lac». Puis, ils ont comparé leurs résultats avec des données du ministère - produites à la suite de dénombrements «artisanaux», avec des filets, effectués dans ces mêmes lacs.

Et les résultats furent très concluants : les estimations génétiques serrent de très près les données de capture. Fait à noter, les chercheurs ont également mesuré toutes sortes de variables sur la composition de l'eau, car l'ADN peut se dégrader plus ou moins rapidement selon l'acidité, la turbidité, etc. - ce qui pourrait bien sûr fausser le portrait. Mais les données de M. Bernatchez montrent que ce ne sera pas un problème : c'est vraiment la quantité de poissons dans un lac qui fait varier la concentration d'ADN dans l'eau.

«On va refaire l'exercice avec le Ministère à la fin de l'été prochain, dit-il. Ça va nous permettre d'avoir des données de captures et d'ADN environnemental en simultané et cela correspond mieux à ce qu'ils font [les inventaires se font typiquement à la fin de la saison de pêche, NDLR].»

Mais hormis ce point, dit M. Bernatchez, l'outil est «totalement prêt à être utilisé».

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