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Les travaux des chercheurs de l'Université Laval libres d'accès

Dernière université québécoise à le faire, Laval embrasse... (123RF/lightpoet)

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Dernière université québécoise à le faire, Laval embrasse le mouvement de plus en plus prédominant du libre accès des résultats de recherche.

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Patricia Cloutier
Le Soleil

(Québec) Au lieu d'attendre que leurs travaux soient publiés par de grandes revues scientifiques, les chercheurs de l'Université Laval pourront simplement les déposer dans un centre virtuel d'archives le printemps prochain. Leurs recherches seront ainsi accessibles rapidement et gratuitement à l'ensemble de la planète.

Dernière université québécoise à le faire, Laval embrasse le mouvement de plus en plus prédominant du libre accès. Le principe est simple : comme la recherche scientifique est en grande partie financée par les gouvernements, les résultats de ces recherches devraient être lus et utilisés par le plus grand nombre de personnes possible. 

Florence Piron, professeure au Département d'information et de communication de l'Université Laval, est membre du groupe qui travaille à créer ce «dépôt institutionnel». «On va sûrement lui trouver un petit nom d'ici quelques mois!» lance-t-elle. 

L'Université, qui n'a pour le moment aucune recension précise de tout ce que ses chercheurs publient, pourra dorénavant avoir un «portrait en direct» des découvertes de ses membres, explique Mme Piron.

Lobby des revues

Cette tendance vers le libre accès doit toutefois se battre contre un lobby important, celui des grandes revues scientifiques. Auparavant, elles obtenaient gratuitement les articles des chercheurs, évaluaient les plus pertinents et les publiaient. Elles demandaient ensuite aux bibliothèques universitaires de s'abonner à leur publication à grands frais. 

«C'est une question de marchandisation du savoir. Ces revues avaient des taux de profits similaires aux compagnies pharmaceutiques, soit de 30 à 40 %. Alors, c'est sûr qu'elles résistent», explique Mme Piron. 

Il est aussi difficile de changer les habitudes des chercheurs eux-mêmes, qui aiment le prestige qui découle du fait d'être publié dans une revue scientifique connue. «Pour pallier la baisse de revenus actuelle, il y a même des revues qui demandent 2500 $ aux chercheurs pour faire paraître leur article», soutient Mme Piron, qui espère convaincre ses pairs des bienfaits du libre accès. 

De toute façon, la plupart des gouvernements exigent maintenant que les chercheurs se plient au libre accès. Cette année, le gouvernement fédéral a exigé aux chercheurs qui reçoivent des subventions de trois organismes (conseil de recherche en sciences naturelles et en génie, conseil de recherche en sciences humaines et instituts de recherche en santé) qu'ils publient leurs travaux gratuitement sur le Web dans un délai maximal de 12 mois.

Les maîtrises et les doctorats à l'heure des compétences

L'Université Laval a adopté il y a quelques semaines une nouvelle grille de compétences qui devront dorénavant être acquises à la maîtrise et au doctorat. On veut que les étudiants qui décident de faire de telles études sachent mieux ce qu'ils peuvent en retirer.

Marie Audette, doyenne des études supérieures, soutient que trop d'étudiants commencent une maîtrise ou un doctorat sans avoir de projet précis. «Quand on est en train de soutenir sa thèse de doctorat, si on n'a pas de projet professionnel, c'est quand même ahurissant!» a-t-elle commenté en marge du dernier conseil universitaire. 

Énoncer des compétences permettra aux jeunes d'avoir davantage confiance en leurs acquis et de les faire valoir lors d'une entrevue d'embauche, explique Mme Audette.

Ajout de microprogrammes

L'Université Laval a aussi décidé de changer le nom des maîtrises. Il n'y aura plus de «avec mémoire» et «pas de mémoire», mais plutôt des maîtrises «de recherche» et des maîtrises «professionnelles». 

L'Université ajoute également de nouveaux microprogrammes au doctorat, question de mieux répondre aux besoins des professionnels qui sont déjà sur le marché du travail.

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