Réalité virtuelle pour guérison réelle

Muni d'un casque, le patient se promène dans... (Image tirée d'une vidéo du CIRRIS)

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Muni d'un casque, le patient se promène dans un environnement virtuel où la réaction devant les obstacles et les personnages rencontrés permet de déterminer l'aisance de ses mouvements et de son jugement.

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(Québec) On parle beaucoup de l'arrivée de la réalité virtuelle dans les jeux vidéo. Mais dans les labos aussi, cette technologie s'implante de plus en plus. Des chercheurs de Québec l'utilisent pour comprendre et, ultimement, pour guérir.

Casques qui plongent dans un environnement immersif, senseurs donnant l'impression d'un tournage de film 3D : la réalité virtuelle est bien réelle pour les chercheurs du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS).

Parmi eux, Bradford James McFadyen s'intéresse aux lésions cérébrales subies par les militaires. Dans son laboratoire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), il étudie les réflexes des blessés qui semblent ne plus avoir de symptômes. Mais c'est souvent en apparence seulement.

«En termes de réadaptation, on développe les protocoles pour mieux évaluer les problèmes qui persistent après une commotion», explique celui qui a fait le point sur ses travaux lors du forum de l'Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans qui se tenait à Québec en début de semaine.

Muni d'un casque, le patient se promène dans un environnement virtuel où la réaction devant les obstacles et les personnages rencontrés permet de déterminer l'aisance de ses mouvements et de son jugement.

«Avec la réalité virtuelle on peut tout contrôler», explique M. McFadyen, aussi professeur au Département de réadaptation à la Faculté de médecine de l'Université Laval.

Depuis trois ans, il développe ce filon en collaboration avec les Forces armées canadiennes. À terme, l'objectif est de faire entrer cette technologie dans les cliniques pour déterminer si un militaire est apte à retourner au travail.

Mais le modèle pourrait aussi être appliqué à d'autres domaines. Les sportifs, notamment, dont on doit mesurer le degré de récupération avant un retour au jeu.

 

Réalité virtuelle et douleur chez les militaires

Maux de dos et avatars

Si Bradford James McFadyen s'intéresse à la santé cérébrale  des militaires, les travaux du CIRRIS touchent aussi la douleur physique. Ce rayon, c'est celui de Catherine Mercier, ergothérapeute et chercheuse au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

«On s'intéresse à la façon dont la douleur change la perception de notre corps, explique-t-elle. Quelqu'un qui a de la douleur pendant longtemps a une perception changée et anormale sur une base permanente. On pense que ces personnes peuvent être plus à risque d'avoir une mauvaise posture ou de se blesser de nouveau.»

Son travail, là aussi, est dans un premier temps orienté vers les militaires, une population où les maux de dos sont particulièrement répandus. «Certains ont des blessures de combat, et il s'agit de personnes qui s'entraînent beaucoup», note la chercheuse.

Dans son laboratoire, la personne munie de senseurs fait face à un écran où apparaît son «miroir virtuel», un avatar.

«On mesure les mouvements du corps en 3D en temps réel, ce sont les mêmes systèmes que ceux utilisés dans l'industrie du jeu vidéo ou de l'animation», poursuit la chercheuse. L'engouement actuel pour cette technologie en pleine expansion est une bonne nouvelle pour les scientifiques dans la mesure où des entreprises exploitent ce filon technologique. «On profite de cette croissance», dit Catherine Mercier. «On travaille à la nouvelle idée de traitement et on collabore aussi avec des ingénieurs et des compagnies pour transposer notre idée dans une technologie qui sera le plus accessible possible.»

Les résultats des recherches sur les maux de dos parus en mars ont démontré qu'une personne en douleur a l'impression d'avoir fait un mouvement plus grand que celui qu'elle a posé en réalité. Comme dans le cas des traumatismes crâniens, les percées observées CIUSSS pourraient être appliquées à toute la population et non seulement aux militaires.

Mesurer les lésions cérébrales

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