L'Université Laval aurait percé le secret des anguilles

Une anguille d'Amérique... (Tirée du site Observatoire global du Saint-Laurent.ca - GVerreault (MRNF, Québec))

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Une anguille d'Amérique

Tirée du site Observatoire global du Saint-Laurent.ca - GVerreault (MRNF, Québec)

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(Québec) Des biologistes de l'Université Laval pourraient bien avoir élucidé un mystère qui date de plus de 100 ans en observant, pour la toute première fois, une anguille adulte dans la mer des Sargasses, rapportait mardi la revue savante Nature Communications.

Il y a très longtemps qu'un énorme trou persiste dans nos connaissances sur l'anguille d'Amérique, sans que personne ne parvienne à le combler. On sait qu'une fois arrivées à maturité, des milliers sinon des millions d'anguilles descendent chaque année le fleuve Saint-Laurent et d'autres cours d'eau de l'est du continent pour retourner dans l'océan. On sait aussi (depuis 1904!) que les larves d'anguille viennent au monde dans la mer des Sargasses, où se trouvent les Bermudes. Mais entre les deux, mystère. On se disait bien que les anguilles devaient migrer jusqu'aux Sargasses et s'y accoupler, mais en plus d'un siècle, personne n'avait jamais vu d'anguille adulte nager dans ces eaux-là...

Jusqu'à ce qu'une équipe supervisée par Julian Dodson, spécialiste des poissons de l'Université Laval, et Martin Castonguay, de Pêches et Océans Canada, finisse par réussir. De 2012 à 2014, avec la post-doctorante de l'Université Dalhousie Mélanie Béguer-Pon, les chercheurs ont capturé 22 anguilles en Nouvelle-Écosse et 16 dans le Saint-Laurent, à la hauteur de Rivière-Ouelle. Ils leur ont ensuite installé de petits instruments mesurant la profondeur, la température de l'eau, la lumière et (dans certains cas) le champ magnétique terrestre, puis les ont relâchées dans la mer. En croisant ces données avec ce que l'on sait des courants marins, des températures de l'océan à différentes profondeurs (mesurées continuellement en plusieurs points et modélisées), du champ magnétique en divers endroits de la Terre et des heures de lever et de coucher du soleil, les scientifiques sont parvenus à recréer convenablement l'itinéraire des anguilles.

Progrès, mais pas de conclusion définitive

Malheureusement, la presque totalité des 38 poissons ont perdu leurs émetteurs bien avant les trois à cinq mois qui étaient prévus au départ, les gardant seulement 25 jours en moyenne, pour des raisons encore obscures. Mais une des anguilles a conservé ses instruments pendant 45 jours, ce qui lui a donné le temps de parcourir 2400 km. Elle a commencé par longer le plateau continental (des eaux d'environ 200 mètres de profondeur) au sud de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve pendant une vingtaine de jours, puis a bifurqué franc sud pour se rendre en pleine mer (profondeurs de 2000 m) jusqu'à la limite nord de la mer des Sargasses.

Parce qu'un seul animal sur les presque 40 a gardé son émetteur assez longtemps pour faire le trajet, M. Dodson se garde de tirer des conclusions définitives, mais cela demeure «un progrès important pour comprendre les comportements de migration particulièrement mystérieux de cette espèce», écrivent les auteurs.

Des biologistes de l'Université Laval... (Tableau tiré du site www.nature.com) - image 2.0

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Tableau tiré du site www.nature.com

Des millions de civelles envahissent les estuaires en... (Tirée du site Observatoire global du Saint-Laurent.ca - JDDutil (MPO/DFO Canada)) - image 2.1

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Des millions de civelles envahissent les estuaires en provenance du milieu océanique chaque année.

Tirée du site Observatoire global du Saint-Laurent.ca - JDDutil (MPO/DFO Canada)

Malheureusement, la presque totalité des 38 poissons ont perdu leurs émetteurs bien avant les 3 à 5 mois qui étaient prévus au départ, les gardant seulement 25 jours en moyenne, pour des raisons encore obscures. Mais une des anguilles a conservé ses instruments pendant 45 jours, ce qui lui a donné le temps de parcourir 2400 km. Elle a commencé par longer le plateau continental (des eaux d'environ 200 mètres de profondeur) au sud de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve pendant une vingtaine de jours, puis a bifurqué franc sud pour se rendre en pleine mer (profondeurs de 2000 m) jusqu'à la limite nord de la mer des Sargasses.

Parce qu'un seul animal sur les presque 40 a gardé son émetteur assez longtemps pour faire le trajet, M. Dodson se garde de tirer des conclusions définitives, mais cela demeure «un progrès important pour comprendre les comportements de migration particulièrement mystérieux de cette espèce», écrivent les auteurs.

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