La NASA craint de contaminer Mars

Le robot Curiosity a pu amener avec lui... (AFP, Université de l'Arizona)

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Le robot Curiosity a pu amener avec lui des microbes terrestres sur la planète rouge.

AFP, Université de l'Arizona

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Joshua Melvin, Marlowe Hood
Agence France-Presse
Paris

Après avoir découvert de l'eau sur Mars, la NASA est confrontée à l'impossibilité d'envoyer plus avant son robot Curiosity, de crainte que le petit laboratoire mobile, qui a coûté des milliards, ne contamine la planète rouge avec des microbes terrestres, selon les scientifiques de l'agence spatiale américaine.

«Curiosity n'est pas fait pour aller dans des endroits pouvant abriter une vie microbienne», explique à l'AFP Michael Meyer, scientifique au sein du programme d'exploration martienne de la NASA. «Pour cela, il nous faudrait un plus haut degré de propreté.»

À l'origine de ce dilemme, la décision, déjà ancienne, de relever le niveau d'hygiène concernant tous les matériels pouvant entrer en contact avec les milieux humides susceptibles d'accueillir d'éventuelles formes de vie martienne.

La frustration est d'autant plus grande que la NASA a découvert que la présence d'eau liquide sur Mars n'était pas seulement de l'histoire ancienne mais qu'il en coulait encore certainement sur la planète. Une annonce qui révolutionne la compréhension de la planète rouge.

Dévoilée officiellement lundi, la découverte d'eau, sous forme de ruisseaux de saumure, dope l'espoir d'y trouver la vie et de disposer d'une précieuse ressource pour l'exploration humaine de la planète.La mission de Curiosity, qui s'est posé sur Mars en août 2012, est de recueillir des extraits de sol et de roc. En revanche, le robot ne peut en aucun cas approcher des traînées humides apparaissant sur certaines pentes de la planète rouge.

Baptisé Viking, un autre robot envoyé avec succès il y a 40 ans par la NASA sur Mars, aurait répondu à ces exigences de propreté.

«Viking, pour l'essentiel, était stérile. Les missions que nous avons ensuite envoyées n'ont pas subi le même traitement,» souligne Catharine Conley, qui dirige le bureau de la Protection planétaire à la NASA, chargé de prévenir les contaminations entre la Terre et les autres planètes.

Une question de budget

«Ce serait bien d'avoir cette capacité à nouveau, de pouvoir aller droit vers» les traînées et d'en extraire des échantillons, dit-elle.

«Nous ne voulons pas qu'on se souvienne de nous comme l'espèce qui est allée sur une planète et a éliminé toute vie pouvant s'y trouver», explique Jorge Vago, scientifique membre du projet ExoMars de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Des bactéries terriennes «pourraient, dans certaines conditions, trouver un cadre pour prospérer. Ce n'est pas envisageable», dit-il.

L'ESA, la NASA et d'autres agences suivent les règles d'un traité international visant à «éviter toute contamination dommageable» au cours des explorations spatiales.

«Nous voulons aussi éliminer les bactéries de ces robots afin d'éviter de découvrir de la vie sur Mars, pour ensuite réaliser que ce n'était que nos propres empreintes,» ajoute Mme Conley.

Alors pourquoi la NASA n'a-t-elle pas pris la précaution d'envoyer un robot stérilisé, au cas où?

«La présence d'eau de surface sur Mars n'était pas confirmée à l'époque», justifie Jim Watzin, directeur du programme d'exploration martienne de la Nasa.

«Curiosity a été conçu pour poursuivre des recherches qui avaient montré, à travers la géologie, que la surface de Mars avait disposé d'éléments aquatiques importants dans un passé ancien, mais non actuellement», a-t-il expliqué à l'AFP.

L'autre raison est financière. «C'est une question de budget et de priorités,» souligne Mme Conley. «Les gens ont tendance à préférer si vous parvenez à faire de la science intéressante à coûts réduits.»

Sans compter que les techniques de stérilisation de Viking - consistant pour l'essentiel à le stériliser à très haute température sur plusieurs jours - endommageraient les équipements électroniques d'aujourd'hui.

Il n'a d'ailleurs pas été prévu pour la prochaine mission martienne de la NASA - Mars 2020 - de stérilisation en profondeur, indique Jim Watzin, sans fermer la porte toutefois à de possibles adaptations ultérieures.

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