Un ingénieur de Québec pilote une sonde vers Pluton... de son salon

Le chef de navigation Frédéric Pelletier montre une... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le chef de navigation Frédéric Pelletier montre une image de la sonde New Horizons, qui doit être dirigée vers Pluton pour dresser des portraits permettant de cartographier la planète naine.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Après un voyage de neuf ans, la sonde New Horizons de la NASA est sur le point de rencontrer sa cible, Pluton. Si tout se passe bien, elle passera près de la planète naine et de sa plus grande lune, Charon, le 14 juillet, pour en dresser des portraits jamais réalisés. Une mission historique à laquelle participe activement l'ingénieur de Québec Frédéric Pelletier, qui dirige la délicate opération de navigation de son domicile du quartier Le Mesnil.

«On doit naviguer la sonde pour l'amener à la bonne place. Tout est très calculé : on doit mettre la sonde dans une "boîte" de 100 kilomètres carrés. On prend des images de Pluton qui nous aident à guider [le vaisseau] vers sa destination», située à 12 500 kilomètres de la surface de Pluton, résume en entrevue au Soleil M. Pelletier, chef de navigation pour la mission New Horizons.

Après avoir travaillé pendant près de 10 ans au sein de la NASA, en Californie, où il a participé à plusieurs grandes missions spatiales, Frédéric Pelletier s'est joint à l'équipe de KinetX Aérospatiale International, une petite entreprise canadienne spécialisée en dynamique spatiale. 

Le neveu de l'ancien maire de Québec Jean Pelletier est de retour dans la capitale depuis deux ans pour développer une filiale québécoise de KinetX, qui en est à son troisième contrat avec la NASA. 

C'est donc de chez lui que Frédéric Pelletier tente de positionner la sonde New Horizons en orbite. Pour nous faire comprendre son travail, Frédéric Pelletier utilise l'analogie du tir à l'arc. «Pluton est à 32 fois la distance du Soleil. Il est impossible de tirer notre flèche et d'atteindre la cible tout de suite. [...] On prend la flèche et on la tasse un petit peu. C'est un peu ça, les manoeuvres de correction de trajectoire qu'on fait», explique l'ingénieur, précisant que la dernière manoeuvre de correction pour arriver à Pluton le 14 juillet a été faite samedi.

Lancée de la terre il y a neuf ans, la sonde est passée près de Jupiter durant son long voyage vers Pluton. «On s'est servi de Jupiter parce que c'est un corps massif qui nous a donné de l'énergie [ou de l'assistance gravitationnelle] pour aller plus loin», précise Frédéric Pelletier. 

Les cinq derniers jours de la mission seront particulièrement stressants. «On va passer à côté de Pluton très vite. C'est une question de timing. La grosse incertitude, c'est la position de Pluton elle-même. On ne sait pas exactement où elle est», rappelle M. Pelletier, qui se rendra au centre de contrôle du Maryland pour les derniers jours de la mission. Celle-ci permettra de cartographier Pluton et de recueillir des données sur son atmosphère, qui pourrait disparaître vers 2020, selon les scienti-fiques, ainsi que sur sa morphologie et sur sa géologie. 

Des retombées «sans équivalent»

Le principal responsable scientifique de la mission, Alan Stern, du Southwest Research Institute, dans le Colorado, a déjà dit de cette rencontre qu'elle aura des retombées «sans équivalent» depuis les missions des deux sondes Voyager, qui avaient survolé les planètes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune dans les années 80.

Frédéric Pelletier, qui a notamment participé au lancement de Juno vers Jupiter et à l'atterrissage de Curiosity sur Mars, fait partie des ambassadeurs de l'initiative lancée fin mai par le ministre du Travail, Sam Hamad, afin d'attirer dans la région de Québec les talents québécois établis à l'étranger. «Je suis revenu à Québec pour des raisons familiales. J'ai deux jeunes enfants que je voulais éduquer à la québécoise», explique M. Pelletier.

La filiale québécoise de KinetX qu'il préside planche actuellement sur un projet qui consiste à étudier l'orbite des débris spatiaux pour caractériser les potentiels d'impacts avec les satellites.

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