La musique pas aussi universelle qu'on le croit

La musique n'est peut-être pas un langage aussi universel qu'on le croit, après... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La musique n'est peut-être pas un langage aussi universel qu'on le croit, après tout. Après avoir analysé des centaines d'oeuvres provenant des quatre coins du globe, des chercheurs n'ont trouvé aucune caractéristique qui serait commune à absolument toutes les musiques du monde. Ni le fait de chanter en faisant correspondre les notes et les syllabes. Ni l'usage de notes clairement distinctes les unes des autres. Ni même le fait de garder un rythme constant.

Si étonnant que cela puisse paraître, l'existence de traits universels à toutes les musiques du monde est débattue et supputée depuis des décennies, mais personne n'avait encore entrepris de le vérifier empiriquement sur un large échantillon. C'est ce qu'une équipe dirigée par Pat Savage, de l'Université des arts de Tokyo, a fait en passant au crible 304 morceaux d'un peu partout dans le monde à la recherche de

32 critères - usage de percussions, rythme constant, embellissement de la voix (trémolo ou autre), gamme à sept notes ou moins, etc.

Publiée lundi dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, l'étude conclut qu'il n'existe aucun trait qui soit partagé par absolument toutes les musiques du monde. Pour tout dire, M. Savage a même trouvé en Papouasie-Nouvelle-Guinée trois chansons qui n'utilisaient ni un rythme constant, ni même des notes «discrètes» - c'est-à-dire distinctes les unes des autres.

«Code morse»

Cela n'étonne toutefois pas l'ethnomusicologue Gérald Côté, présentement professeur invité à l'École de musique de l'Université Laval, qui n'a pas participé à l'étude. «J'ai voyagé dans une quarantaine de pays justement pour essayer de faire des liens entre les différentes musiques et les sociétés, pour voir s'il y a des points communs. Mais un des éléments qui vient changer les choses d'un endroit à l'autre, c'est que les raisons pour lesquelles on joue de la musique ne sont pas les mêmes partout», explique-t-il. Ainsi, illustre M. Côté, si la musique sert surtout, ici, à danser ou à exprimer des émotions, il existe des cas bien connus en Afrique où les notes jouées sur des tambours forment une sorte de «code morse» - et la musique sert alors, littéralement, à se parler.

Mais si l'équipe de M. Savage n'a rien trouvé qui serait absolument universel à la musique, elle a tout de même identifié plusieurs traits qui s'observent dans une majorité de chansons.

Ces caractéristiques «presque universelles» comprennent évidemment celles qui sont mentionnées plus haut, mais aussi d'autres plus étonnantes et qui recèlent peut-être des indices sur les origines de la musique. Par exemple, il semble que, dans toutes les cultures, on trouve une tendance à chanter entre hommes ou entre femmes, mais pas dans des groupes mixtes. En outre, les musiciens et les chanteurs sont presque toujours majoritairement des hommes. Et cela, écrivent M. Savage et son équipe, pourrait amener de l'eau au moulin d'une théorie voulant que la musique soit une forme de parade nuptiale.

Cependant, enchaînent-ils, une autre caractéristique très fréquente de la musique est qu'elle se joue en groupe, ce qui cadre bien mal avec l'idée du musicien solo chantant la pomme à une demoiselle.

Histoire à suivre, donc...

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