Les ados, couch potatoes naturels?

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Les chercheurs ont trouvé que l'activité physique totale diminuait de 30 % chez les filles et de 20 % chez les gars entre 9 et 15 ans.

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(Québec) Vous trouvez que votre ado ressemble de plus en plus à une «patate de divan»? Lui qui pourtant était un enfant sportif, est-ce bien possible? Oui, ça l'est, mais sachez que ce n'est pas nécessairement par paresse s'il est devenu un peu flanc mou : il se pourrait que les ados soient biologiquement faits comme ça, selon une étude britannique récente.

L'expérience, parue en ligne récemment sur le site de la revue savante Medicine & Science in Sports & Exercise, a consisté à installer des accéléromètres à la taille de plus de 300 enfants de 5 ans de la ville de Plymouth, une semaine par année jusqu'à l'âge de 15 ans. En enregistrant les changements de vitesse des enfants, les accéléromètres ont donc donné une idée de leur niveau d'exercice pratiquement de la petite enfance jusqu'à l'adolescence.

«À notre connaissance, aucune autre étude n'a mesuré objectivement l'activité physique chaque année au sein d'une cohorte pendant toute l'enfance et l'adolescence», écrivent les auteurs, menés par Brad Metcalf, de l'école de médecine de l'Université d'Exeter.

Résultats : dans l'ensemble, les enfants font autant d'exercice à huit ans qu'à cinq ans. Mais une fois entrés dans la préadolescence, une certaine flemme s'installe tranquillement. Entre 9 et 15 ans, en effet, les chercheurs ont trouvé que l'activité physique totale diminuait de 30 % chez les filles et de 20 % chez les garçons.

Puberté

Fait intéressant, la baisse plus forte chez les filles semble s'expliquer surtout par le fait que la puberté apparaît plus tôt chez elles, et la tendance est la même chez les plus aisés que chez les défavorisés - l'étude comprenait également des indicateurs socioéconomiques. De même, la réduction était du même ordre à la maison et à l'école.

Ce déclin d'activité physique à l'adolescence a déjà été constaté dans d'autres études, mais ses raisons ne sont toujours pas claires. Certains y voient un effet de l'environnement social et scolaire qui change passé 12 ans, environ, mais M. Metclaf et ses collègues plaident quant à eux pour une explication biologique. «Les écarts entre les sexes, la tendance en fonction de l'âge et l'activité physique sont systématiques dans nos données, et qui dit systématique dit aussi contrôle, écrivent-ils. Il n'est pas sûr s'il s'agit d'un contrôle biologique ou socio-environnemental, mais nos données ne soutiennent pas cette dernière avenue. [...] La thèse de la cause biologique, elle, est supportée par nos données, puisque l'activité physique y est fortement associée à la puberté.»

Conclusion rapide...

Cependant, cette conclusion apparaît un peu rapide aux yeux de Benoît Arseneault, chercheur à l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec qui s'intéresse (notamment) à la prévention des maladies cardiaques - et donc à l'exercice. «Pour le moment, je dirais que c'est spéculatif. [...] Les données vont dans le sens de l'explication biologique, mais ne la prouvent pas», dit-il.

Il remarque toutefois que l'étude amène par ailleurs des nuances encore inédites et potentiellement très importantes sur le déclin de l'activité physique à l'adolescence. Les auteurs pouvaient en effet mesurer l'intensité de l'exercice, et ont ainsi constaté que la baisse se concentre surtout dans les activités légères - les exercices moyens et intenses baissent un peu, mais nettement moins. Or ces exercices légers sont souvent liés à des habitudes de vie, «ce qui pourrait avoir des implications pour de futures interventions [des autorités sanitaires]», écrivent les chercheurs.

«Les données sont assez claires sur le fait que les jeunes, tant les enfants que les ados, font à peu près autant de sports organisés qu'avant, confirme pour sa part M. Arseneault. Mais ce sont les activités physiques légères qui baissent, et ici on parle d'aller à l'école à pied ou à vélo, de jeux spontanés, d'enfants qui vont faire un fort, aller jouer au parc, etc. En contrepartie, évidemment, ce qui augmente ce sont les activités sédentaires. Les auteurs de l'étude ne l'ont pas mesuré, mais on sait que le temps passé devant un écran est clairement en augmentation.»

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