Une rare baleine noire retrouvée morte à Percé

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On estime que la baleine noire retrouvée à Percé pèse 50 tonnes et mesure plus de 17 mètres.

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Percé) Une rare carcasse de baleine noire, une espèce en voie de disparition, a été trouvée près de Percé. Elle ne sera pas morte en vain : des scientifiques récupèrent sa carcasse pour l'analyser et la dépèceront pour présenter son squelette au public.

«La baleine a été signalée mercredi, vers 12h45, par un plaisancier qui naviguait entre l'île Bonaventure et le cap Blanc [à Percé]. Sa description était assez claire : une grosse baleine noire au ventre lisse, avec des nageoires pectorales arrondies et des grappes comme des coquillages sur le museau. Nos doutes étaient très minces : c'était une baleine noire», rapporte Josiane Cabana, porte-parole du Réseau québécois d'urgence pour les mammifères marins.

La population de baleines noires de l'Atlantique Nord compte seulement 500 individus. «C'est rare de voir ces baleines vivantes, mais c'est rarissime d'en trouver une morte. La dernière carcasse de baleine noire remonte à 2001, aux Îles-de-la-Madeleine, quand une baleine s'était empêtrée dans des filets. C'est d'autant plus intéressant de documenter ce cas. Ce sont des données scientifiques extrêmement précieuses», dit Mme Cabana.

Vers Newport

Un batelier des Croisières Julien Cloutier a remorqué la carcasse, évaluée à 50 tonnes et plus de 17 mètres, jusqu'à L'Anse-à-Beaufils près de Percé, où elle a été ancrée pour la nuit de mercredi à jeudi.

Au moment d'écrire ces lignes jeudi, la baleine était remorquée vers Newport. Dès aujourd'hui, «on espère la sortir de l'eau, la déposer sur un grand camion et l'amener à Saint-Alphonse-de-Caplan, dans un site d'enfouissement, où elle subira une nécropsie et, ensuite, un dépeçage».

Une équipe de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal pratiquera la nécropsie [l'autopsie pour un animal], notamment pour connaître la cause de sa mort. La carcasse est relativement fraîche, note Mme Cabana. «La peau commence à peler, les odeurs sont présentes, mais elle est entière et semble dans un bon état de conservation.»

Le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) a réuni une dizaine de bénévoles pour dépecer la baleine et récupérer son squelette, qui sera éventuellement recomposé à son centre d'interprétation de Tadoussac. «Il y a plusieurs espèces dans la collection du GREMM, mais pas de baleine noire», dit Mme Cabana.

Les chasseurs de baleines surnommaient la baleine noire la right whale, soit la «bonne baleine» à chasser. «Elle est très lente et elle était payante parce qu'elle est très grasse et donnait beaucoup d'huile. Elle a aussi de grands fanons, à une époque où l'on utilisait tout», explique Mme Cabana.

Cette chasse a contribué au déclin de la baleine noire. Aujourd'hui, les collisions avec les navires et les prises accidentelles menacent toujours la population, qui montre toutefois des signes d'amélioration. «Dans les années 90, on parlait de 300 à 350 individus. C'est 500 aujourd'hui. Il y a eu beaucoup d'efforts pour réduire la mortalité», indique Mme Cabana. Sur la côte est américaine, des chercheurs ont fait dévier des voies navigables pour donner une chance à l'espèce. Et certaines années, elle a vécu un baby-boom.

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