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Le couperet tombe sur la recherche en sciences naturelles

Le Fonds Nature et Technologie (FQRNT), principal subventionnaire... (Photo Digital/Thinkstock)

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Le Fonds Nature et Technologie (FQRNT), principal subventionnaire provincial de la recherche en sciences naturelles, maths et génie, distribuera 10 millions $ de moins cette année.

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(Québec) Le couperet vient de tomber sur la recherche en sciences naturelles, maths et génie. À cause de décisions de gouvernements passés, mais aussi en partie du climat d'austérité actuel, le Fonds Nature et Technologie (FQRNT), principal subventionnaire provincial de la recherche dans ces domaines, distribuera 10 millions $ de moins cette année.

Le manque à gagner vient essentiellement du fait que des enveloppes associées à la Stratégie québécoise de recherche et d'innovation, adoptée sous le dernier gouvernement Charest, venaient à échéance en 2013. Le FQRNT a dû dépenser tout ce qu'il restait de cette politique scientifique l'an dernier, ce qui a gonflé temporairement ses subventions. Cela amplifie donc artificiellement la coupure de 10 millions $, mais même en tenant compte de cela, le résultat net demeure un recul de plusieurs millions $ dans les budgets de recherche.

Des bourses qui permettaient aux étudiants-chercheurs de faire des stages en entreprises (4,5 millions $) seront pratiquement abolies, et plusieurs autres programmes (5 millions) du FQRNT seront amputés de 20 % - notamment une enveloppe soutenant les jeunes chercheurs à démarrer leur carrière, ainsi qu'une autre soutenant les «regroupements stratégiques», qui amènent les meilleurs chercheurs d'un domaine donné à travailler ensemble.

En outre, ces restrictions s'appliquent non seulement aux concours à venir, mais aussi aux subventions qui ont déjà été attribuées ces dernières années - ce qui risque de provoquer son lot de grincements de dents dans les labos.

Selon la directrice scientifique du FQRNT, Maryse Lassonde, le problème remonte à loin. Le gouvernement Charest avait créé les regroupements stratégiques de chercheurs et avait demandé au FQRNT de les maintenir pour six ans, mais n'avait prévu de financement que pour la moitié de cette période - la balance devant éventuellement provenir des autres enveloppes gérées par le Fonds Nature et Technologie. En outre, sa politique scientifique avait rehaussé sa subvention général au FQRNT de 15 millions $, mais seulement sur une base temporaire. Au cours des deux derniers budgets, seulement 10 millions $ de cette somme ont été rendus permanents, d'où le manque à gagner.

Fait à noter, Mme Lassonde dit que son Fonds n'a adressé aucune demande en ce sens au gouvernement au cours des derniers mois, à cause du contexte de rigueur budgétaire. «On aurait voulu le faire, et on va le faire l'an prochain, quand les finances seront meilleures, mais on ne pouvait pas demander plus cette année», indique-t-elle.

Chose certaines, les coupures feront mal, plaide Steve Charette, chercheur en microbiologie et en biochimie de l'Université Laval - d'autant plus qu'elles surviennent tout de suite après de lourdes compressions imposées aux universités. «Ces subventions nous sont utiles pour payer des auxiliaires, des professionnels de recherche et des étudiants avec lesquels nous devrons faire des choix déchirants (mise à pied, diminution de salaire, etc.). Et ce qui est encore plus frustrant, c'est que nous apprenons ces nouvelles à la dernière minute, le jour même où débute la session estivale à l'université, un moment souvent très actif en recherche avec la présence des stagiaires dans nos laboratoires», a témoigné, lors d'un échange de courriels. M. Charette mène des recherches sur, notamment, ce qui rend les bactéries pathogènes plus ou moins virulentes, et fait partie de trois des programmes affectés par les coupures.

À propos de l'idée que ces restrictions budgétaires sont annoncées à la dernière minute, Mme Lassonde se défend en disant que les directeurs de regroupements stratégiques ont été avisés il y a plus d'un an de ce qui s'en venait. Pour les autres programmes coupés, elle admet que l'ampleur des compressions ne pouvait pas être connu avant de savoir ce qu'il y avait dans le dernier budget, mais insiste sur le fait que tout a été annoncé aussi tôt que possible. «Nous ne pouvions le faire plus rapidement compte tenu de nos baisses d'effectif. (...) Aucun temps supplémentaire n'est permis dans le contexte budgétaire actuel», dit-elle.

De son côté, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation François Blais, Julie White, a réagi à la nouvelle jeudi : «C'est sûr que, dit-elle, pour nous les fonds de recherche sont importants, et c'est pour ça que les crédits de base du FQRNT ont été maintenus et même augmentés. Il n'a pas été possible de maintenir les crédits additionnels (de la SQRI, ndlr), mais on a quand même augmenté les crédits de base de 4 millions $. Dans le contexte budgétaire actuel, ça montre que c'est important pour nous.»

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