Connaissances scientifiques : la méfiance du public inquiète les chercheurs

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Rémi Quirion est le tout premier scientifique en chef du Québec.

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(Québec) «Je dois dire que ça m'inquiète pas mal, cette histoire de rougeole là. Et ce n'est pas le seul exemple.»

Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, se dit très «préoccupé» par la méconnaissance, voire carrément la méfiance qu'entretient une bonne part de la population à l'égard de la science. Au point de sentir le besoin de pousser les chercheurs «sur le terrain».

«Il est très malheureux de constater que des résultats scientifiques très solides sont ignorés par une certaine fraction de notre population, que ce soit par rapport à la vaccination contre la rougeole ou aux changements climatiques», écrit-il dans une «lettre à la communauté scientifique» envoyée cette semaine, dans laquelle il dit réfléchir à des moyens pour rétablir la confiance.

En plus des deux exemples cités par M. Quirion, on pourrait sans doute ajouter des mythes au sujet de la soi-disant toxicité des ondes radio, des OGM et de la fluoration de l'eau ou encore à propos de la soi-disant efficacité de «médecines douces» comme l'homéopathie - mythes qui persistent malgré l'avis d'une écrasante majorité des experts.

Lors d'un entretien téléphonique avec Le Soleil, mercredi, le scientifique en chef (en visite à Bordeaux) s'est dit d'avis qu'«il faut vraiment que nos chercheurs aillent sur le terrain. Et je ne parle pas de forums scientifiques, mais plutôt d'aller dans des réunions d'église, dans des clubs Rotary, être beaucoup plus présents sur le terrain. Il faut aussi aller plus souvent dans les écoles primaires et secondaires pour que, très tôt, les jeunes soient sensibilisés à ça.»

Une partie du problème vient «peut-être d'un manque de confiance envers nos institutions. Et ça, c'est peut-être nous qui avons mal vendu notre affaire», concède-t-il.

Rencontre avec les médias

Il envisage aussi de rencontrer des médias, qui ont évidemment un rôle à jouer dans la diffusion de l'information scientifique. «Ça m'inquiète, mais je ne sais pas trop comment faire. [...] On va aller voir ce qui est proposé [par les médias], parce qu'on se sent un peu démunis par rapport à ça. Et ce n'est pas quelque chose qui va se changer sur seulement quelques mois, c'est un chantier à long terme.»

Par ailleurs, dans sa lettre à la communauté scientifique, M. Quirion décrit 2015 comme une «année de transition budgétaire». Mais en entrevue, il a précisé ne pas s'attendre «du tout» à ce que les budgets des trois principaux fonds de recherche du Québec soient amputés, malgré les objectifs d'austérité du gouvernement Couillard.

«Je ne crains pas de coupures du tout. C'est sûr qu'on aimerait bien avoir une augmentation de nos budgets, mais dans la situation actuelle et avec l'objectif de revenir à l'équilibre budgétaire pour 2015-2016, je pense qu'on va avoir le statu quo. [...] Je travaille déjà sur le budget 2016-2017, quand la situation sera plus favorable, et on espère avoir un réinvestissement à ce moment-là.»

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