Le potentiel caché de l'algue de mer

Le centre d'innovation de l'aquaculture et des pêches... (Photo fournie par Merinov)

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Le centre d'innovation de l'aquaculture et des pêches Merinov expérimente la culture d'algues depuis plusieurs années. Sur la photo, les techniciens aquacoles Marie-Pierre Turcotte et Daniel Bourdages.

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Des mariculteurs québécois s'apprêtent à se lancer dans la culture d'algues en mer. Une récente étude laisse entrevoir un potentiel pour cette activité au Québec, pourvu qu'on donne de la valeur ajoutée de l'algue à toutes les étapes du processus.

Le président de Fermes marines de Gaspé, Jean-Philippe Hébert, mettra de la laminaire en culture dans la baie de Gaspé dès l'automne 2014. Objectif : récolter ses 50 premières tonnes d'algues le printemps suivant. Le mariculteur, qui élève déjà du pétoncle, juge la combinaison prometteuse.

«Les algues sont complémentaires au pétoncle, dit-il. Elles sont simples à cultiver et leur temps de culture est court, de six à huit mois pour les algues comparativement à deux à trois ans pour les pétoncles.»

La laminaire est la longue algue brune à l'allure de lasagne. Ces derniers mois, M. Hébert a testé la production de plantules à son écloserie de Newport. Les spores (l'équivalent des graines) de laminaires se fixent sur des cordelettes. Au bout de deux mois, on transfère la corde et ses plantules de deux millimètres en mer. Six mois plus tard, les laminaires récoltées mesurent de 2 à 2,5 mètres.

L'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l'Université Laval vient de compléter une analyse sur la laminaire. Dans le scénario étudié, une filière industrielle serait constituée de producteurs de plantules en écloserie terrestre, de cultivateurs d'algues en mer, d'usines de première transformation (séchage ou autre) et d'entreprises de chimie fine qui extrairaient des molécules à haute valeur ajoutée des laminaires.

Antioxydants

«Si on veut rentabiliser, il faut aller chercher de la valeur ajoutée à toutes les étapes», précise Aurélie Licois, chargée de projet chez Merinov à Grande-Rivière. Une partie des algues pourrait être vendue pour l'alimentation, mais les molécules extraites de la laminaire sont aussi susceptibles d'intéresser le secteur des produits de santé naturels.

«On a ciblé des sucs et des antioxydants exclusifs aux algues, qu'on ne retrouve dans aucun autre [groupe] de végétaux», indique Mme Licois.

Quelques entreprises québécoises récoltent déjà des algues sauvages, mais très peu de laminaires, explique la chercheuse. Le fait de cultiver les algues permettrait un approvisionnement régulier, de qualité constante, souligneMme Licois. En plus de Fermes marines, les mariculteurs Moules du Large des Îles-de-la-Madeleine et Purmer de Sept-Îles s'intéressent à l'aventure.

«Dans cinq ans, on devrait avoir de bons joueurs en place», croit la chercheuse. Mais il faudra d'abord sonder le marché pour des molécules issues des algues. Oleotek, un centre de recherche de Thetford Mines, mène aussi des tests sur la teneur en molécules des algues cultivées dans diverses zones du Saint-Laurent.

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