Coupes dans les fonds de recherche: Duchesne s'explique

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche,... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, ouvrira aujourd'hui les Assises nationales de la recherche et de l'innovation.

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(Québec) Après une campagne électorale où le Parti québécois s'est montré proche des milieux scientifiques, quelques rondes de restrictions budgétaires ont coupé court à la lune de miel, l'automne dernier. Alors que les Assises nationales de la recherche et de l'innovation s'ouvriront aujourd'hui, à Québec, Le Soleil a pu s'entretenir avec le ministre responsable du dossier, Pierre Duchesne.

Q Plusieurs acteurs des milieux scientifiques se sont sentis trahis par les coupes de 124 millions $ que vous avez imposées aux universités en pleine année financière et de 31 millions $ aux trois fonds de recherche du Québec. Croyez-vous pouvoir vous raccommoder avec eux lors des Assises?

R Notre gouvernement a d'excellents rapports avec la communauté des chercheurs. Il y a eu la période où on a dû répondre à un problème réel, c'est-à-dire que la dernière Stratégie québécoise de l'innovation [NDLR : à laquelle s'attachaient des subventions de recherche] prenait fin en mars et que le précédent gouvernement n'avait rien prévu pour la suite. Alors quand on est arrivé en septembre, il a fallu bouger vite. [...]

Il restait un trou pour lequel il a fallu créer un pont financier, pour ne pas que des recherches se retrouvent sans financement du jour au lendemain. On a annoncé en janvier près de 26 millions $, et les 19 centres de recherche en santé s'en sont dit satisfaits. [...]

Q Les chercheurs en santé l'ont bien accueilli parce que ce sont surtout eux qui en ont bénéficié. Qu'en est-il des autres disciplines?

R Tous les groupes ont bénéficié du pont de différentes façons (NDLR : les trois fonds de recherche ont obtenu 16 millions $, dont la moitié est allée en santé). Ce qu'on doit faire maintenant, c'est de planifier une politique de la recherche qui priorise certains champs, qui mise sur les forces du Québec. [...]

Q Certains thèmes qui sont annoncés pour les Assises - «capital humain», «synergie entre les acteurs» - évoquent davantage une politique industrielle qu'une future politique scientifique. Avez-vous l'intention, à l'image de ce que fait le fédéral, de rediriger le soutien de l'État de la recherche fondamentale vers la recherche appliquée?

R C'est une question intéressante, parce que la première ministre a décidé de prendre tout le secteur de la recherche, qui se trouvait dans un ministère économique, et de l'amener dans le nouveau ministère de l'Enseignement supérieur. Alors le message que ça envoie, c'est qu'il y a de la recherche qui se fait dans plusieurs milieux (université, cégeps, industries, et consortiums), et le but est de rassembler les gens autour de l'objectif de faire de la recherche.

Au Québec, en plus, on a une trame économique qui est surtout constituée de PME, et ces entreprises-là ont plus difficilement accès aux infrastructures de recherche, alors il faut penser à ça.

Sur les craintes au sujet de la recherche fondamentale, le cadre dans lequel on fonctionne, c'est qu'on a un gouvernement à Ottawa qui délaisse la recherche fondamentale pour aller vers une recherche appliquée, et je dirais même dirigée, idéologiquement. On laisse la recherche sur le climat et l'environnement, on décide qu'on ne fait plus de recensements complets... Ce sont des décisions très irresponsables, et dans notre vision, il faut envoyer un tout autre message. Il y aura une place pour la recherche fondamentale dans notre politique nationale.

Q Deux des thèmes annoncés pour les Assises sont les «changements démographiques» et l'«identité québécoise». Qu'est-ce que deux questions déjà archiétudiées et dont les liens avec la science sont discutables viennent faire dans ces Assises?

R J'ai commencé à identifier trois grands défis pour la société québécoise. Les changements démographiques, c'est le vieillissement de la population, mais aussi comment on s'occupe de nos jeunes. [...] Le deuxième défi, c'est le développement durable. [...] Et finalement, l'identité québécoise. Notre société fait face à une situation assez unique, c'est-à-dire que sa pérennité à long terme n'est pas garantie, et ce défi permet aussi d'ouvrir sur les sciences sociales. [...] Il y a de vastes sujets d'étude là-dedans, et on pense qu'il y a un message à faire passer à cet égard-là.

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