Les hommes sont de moins en moins fertiles, révèle une étude

L'étude, qui a porté sur 26 600 Français de... (Photothèque Le Soleil)

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L'étude, qui a porté sur 26 600 Français de 1989 à 2005, a démontré que pendant cet intervalle, le nombre de spermatozoïdes moyens est passé chez eux de 74 millions/ml à seulement 50 millions/ml.

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(Québec) La question de savoir si les hommes d'aujourd'hui sont moins fertiles que leurs grands-pères est âprement débattue en science. Mais une étude qui vient de paraître, l'une des plus vastes et des plus solides jamais entreprises à ce sujet, pourrait convaincre pas mal d'experts : oui, la qualité du sperme décline, et rapidement.

Dirigée par M. Rolland, de l'Institut de veille sanitaire, et publiée ce matin dans le dernier numéro de la revue savante Human Reproduction, l'étude a porté sur pas moins de 26 600 hommes de 18 à 70 ans, en France, de 1989 à 2005. Pendant cet intervalle, le nombre de spermatozoïdes moyens est passé chez eux (une fois diverses variables contrôlées) de 74 millions par millilitre à seulement 50 millions/ml.

Délais dans la procréation

C'est encore très supérieur au seuil de 15 millions/ml sous lequel l'Organisation mondiale de la santé considère un homme stérile, mais cela pourrait être suffisamment bas pour causer des délais dans la procréation. L'OMS juge en effet que ces délais peuvent survenir sous les 55 millions/ml - mais ces seuils, notons-le, ne font pas l'unanimité dans la communauté scientifique.

L'idée selon laquelle l'impuissance masculine gagne du terrain depuis quelques décennies n'est pas neuve, ayant fait surface dans les années 90. Mais depuis, les résultats obtenus par diverses études sont contradictoires, plusieurs (notamment en Scandinavie) n'ayant trouvé aucun déclin. Et puis, notent les auteurs de celle qui vient d'être publiée, même les résultats positifs étaient remis en question, parce qu'il y avait de bonnes raisons de croire que les échantillons étaient sérieusement biaisés. La plupart du temps, le sperme étudié provient de couples infertiles, ce qui cause des problèmes évidents, ou encore de donneurs de sperme dont le profil socioéconomique peut ne pas être représentatif de l'ensemble de la société - et comme certaines habitudes de vie pouvant nuire à la qualité du sperme, comme le tabagisme, sont plus répandues chez les moins instruits, cela peut fausser les résultats. La taille réduite de l'échantillon de beaucoup d'études était également un problème.

Pour éviter ces écueils, l'équipe de M. Rolland s'est servie d'une banque de données regroupant quelque 150 000 couples qui ont consulté un médecin à cause de difficultés à concevoir un enfant, mais seuls ceux dont la conjointe avait les trompes obstruées ou inexistantes ont été retenus - d'où les 26 600 de l'échantillon. En plus d'un sperme plus clairsemé, les spermatozoïdes se sont aussi montrés, dans l'ensemble, moins bien formés dans les années 2000 qu'à la fin des années 80.

«À notre connaissance, il s'agit de la première étude qui conclut à un déclin sévère et généralisé de la concentration du sperme et de sa morphologie à l'échelle d'un pays entier et sur une longue période», notent les auteurs.

Professeur à l'Université Laval et spécialiste de la fertilité masculine, Robert Sullivan - qui est par ailleurs éditeur à Human Reproduction - qualifie cette étude de «très bien faite». Il est très ardu, dit-il, de produire des données de qualité au sujet de la qualité du sperme d'une population sur une longue période, et l'équipe de M. Rolland a su le faire d'une manière qui «a éliminé beaucoup de facteurs confondants. [...] En ce qui me concerne, c'est une étude qui m'a convaincu».

Le principal «suspect» derrière cette détérioration du sperme, dit M. Sullivan, est l'exposition des foetus masculins à des perturbateurs endocriniens - c'est-à-dire à des produits chimiques qui imitent (à des degrés divers) des hormones, possiblement l'oestrogène, et qui en trop grande quantité peuvent nuire au développement du foetus. Mais cela reste à démontrer, dit-il.

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