«Il s'agit d'un plan de match qui permettra au talent universitaire de constituer un élément important du développement durable du Nord», a commenté lundi, en conférence de presse, celle qui a dirigé le projet, Sophie D'Amours, de la Faculté des sciences et de génie.
Intitulé Mobilisés pour le Nord durable, le document est le fruit de plusieurs mois de collaboration entre des dizaines de spécialistes de plusieurs domaines, allant des sciences pures et appliquées aux sciences humaines en passant par la médecine. Il détaille une longue liste de questions de recherche jugées «prioritaires» pour que le développement du Nord puisse être qualifié de «durable» - état et gouvernance des communautés, environnement, économie et accessibilité (par routes ou télécommunication) du Nord.
Ces recherches devraient coûter environ 1,2 milliard $, un montant qui représente 1,5 % des investissements totaux du Plan Nord, estimés à 80 milliards $ sur 25 ans. Ce ratio de 1,5 % est considéré comme économiquement «sain» dans plusieurs industries. Et le plus clair de ces subventions de recherche devraient provenir du privé, prévoit Mme D'Amours.
Le ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, Clément Gignac, qui était présent hier au lancement du document, prévoit que le gouvernement détient des outils pour convaincre les entreprises de financer la recherche. Celles-ci, a-t-il dit, «ont besoin du gouvernement, soit pour l'électricité, soit pour des infrastructures, ou parce que leurs projets sont situés sur des terres de l'État. Alors, on peut indiquer aux entreprises qu'on va accorder des points bonis à leurs projets si elles appuient la recherche».
Vétéran très connu de la recherche nordique, le biologiste Louis Fortier croit lui aussi qu'il est «très possible» qu'une bonne partie de l'argent vienne du privé. «En 2009 et en 2010, on [son réseau de recherche ArcticNet] est allé chercher plus d'argent au privé que ce qu'on recevait du réseau des centres d'excellence, et le réseau nous donnait 6,4 millions $ par année. [...] Le secteur privé est beaucoup plus sensibilisé [qu'on le croit] à l'importance de la recherche de base et de la recherche appliquée pour encadrer ce qu'ils veulent faire.»