Le montant non reconduit pour une première fois en plus de sept ans provenait du Programme d'appui aux ressources majeures du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada. Ottawa a imposé un moratoire «dans le cadre des efforts [...] afin de rétablir l'équilibre budgétaire», peut-on lire sur le site Internet du Conseil.
«C'est un coup très dur», admet le professeur Louis Fortier, directeur scientifique d'ArcticNet, le réseau canadien qui étudie les changements climatiques et dont le centre administratif est basé à l'Université Laval.
La coupe a eu pour effet la mise à pied de quatre électrotechniciens. «Leur tâche consiste à l'entretien, la mise au point et le déploiement des appareils scientifiques de l'Amundsen», explique le scientifique. Sans eux, difficile, donc, d'organiser des missions. Le budget de gestion des équipements scientifiques s'élève à 2 millions$. La somme coupée représente 20% de ce budget provenant de diverses sources de financement.
Facteur atténuant, s'il en est un, 2012 est une année «un peu plus creuse» en termes de missions planifiées. Cet agenda allégé coïncide avec le fait que l'Amundsen est présentement en cale sèche pour réparer des fissures découvertes sur les blocs moteurs. Une série de circonstances favorables à court terme, mais qui ne règle pas le problème à long terme.
«Ça nous laisse un an, un an et demi pour trouver une solution, d'autres moyens de financer. L'Amundsen est de plus en plus le symbole de l'effort canadien dans l'Arctique», lance M. Fortier.
Est-ce que la recherche va souffrir de cette coupe? «Tout le monde va en souffrir. Les utilisateurs, dont plusieurs sont des scientifiques étrangers, vont devoir payer plus cher. Ça va réduire l'utilisation. Ça va retarder certains projets de recherche», anticipe le professeur.
Perte d'expertise
Cette dernière coupe, jumelée notamment à deux autres mises à pied en début d'année et au transfert du traitement de certaines données vers l'Université du Manitoba à la suite de la retraite d'un expert québécois, soulève bien des questions au sein du Syndicat canadien de la fonction publique.
«Ça commence à être une perte d'expertise majeure pour l'Université Laval», se désole le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki. Il s'interroge même sur l'avenir du laboratoire après avoir entendu que le sous-marin employé à bord de l'Amundsen serait transféré dans la région Atlantique et que des mises à pied d'aides-chercheurs seraient envisagées l'an prochain.
Des informations qui ont été démenties par M. Fortier.