Énergie solaire: Montréal se compare à Casablanca!

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Une étude d'une équipe de recherche a démontré que l'énergie solaire tirée de panneaux photovoltaïques installés à Montréal et à Casablanca, au Maroc, peut très bien se comparer.

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(Québec) Vous pensez, comme bien des gens, que le Québec est trop au nord et que ses hivers sont trop neigeux pour qu'il soit intéressant de produire de l'électricité avec l'énergie solaire? Eh bien sans vous donner complètement tort, une simulation de l'École de technologie supérieure devrait vous inciter à y penser à deux fois : en février et en mars, d'après ces travaux, le solaire produit plus d'électricité à Montréal qu'à Casablanca!

Une équipe de la Chaire de recherche industrielle en technologie de l'énergie et efficacité énergétique (T3E), qui a des locaux à Lévis, a calculé combien d'électricité généreraient des «parcs» solaires, comptant 48 panneaux photovoltaïques de 300 watts chacun, selon qu'on les installe dans les métropoles québécoise et marocaine.

Les résultats, dont Le Soleil a obtenu copie, doivent être présentés prochainement lors d'un congrès scientifique au Maroc.

À cause de sa latitude (33°N contre 45°N pour Montréal) et de son climat plutôt sec (surtout en été), Casablanca reçoît nettement plus de lumière que le sud du Québec, et la simulation montre que le système produirait au total, au bout d'une année, plus d'énergie au Maroc qu'ici, mais pas par une marge énorme: 21,9 mégawatts-heure (MWh) contre 18,5 MWh.

En outre, et si étonnant que cela puisse paraître, la production était presque égale au mois de janvier - environ 1,4 contre 1,5 MWh en faveur de Casablanca -, et était même légèrement supérieure à Montréal en février (1,6 contre 1,5 MWh) et en mars (2,1 contre 1,9 MWh)!

Neige bénéfique

Comment expliquer ces résultats pour le moins contre-intuitifs? Essentiellement par deux facteurs, répond le physicien Yvan Dutil, coordonnateur scientifique de la chaire T3E et cosignataire de la simulation - dont l'auteur principal est le chercheur Mostafa Mehrtash.

D'abord, dit-il, plus un panneau photovoltaïque s'échauffe, plus il oppose de résistance à un courant électrique, si bien que la quantité d'électricité que l'on peut en tirer en fin de compte s'en trouve réduite.

Or d'après la simulation, la température des panneaux solaires oscille entre - 10 °C et + 10 °C à Montréal de janvier à mars, contre + 20 à + 30 °C à Casablanca.

En outre, dans la mesure où elle ne recouvre pas les panneaux, la neige ne nuit nullement au travail des cellules photovoltaïques : bien au contraire, elle réfléchit dans les panneaux une partie de la lumière qui, sans couvert neigeux, serait absorbée par le sol. D'où les performances surprenantes du solaire en plein hiver québécois.

Cependant, avertissent les auteurs, le photovoltaïque n'est pas encore justifiable du point de vue économique.

«Il n'y a pas une cenne à faire avec ça pour l'instant, commente M. Dutil. Mais les prix diminuent sans arrêt, alors ça peut devenir intéressant.»

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