Québec ouvre la porte au logiciel libre

«Dans tout projet, il y aura désormais une... (Photo: Erick Labbé, Archives Le Soleil)

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«Dans tout projet, il y aura désormais une obligation de considérer le logiciel libre, d'en faire l'analyse en fonction de la qualité, des besoins et des coûts. Ce virage est non seulement urgent, dit la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, mais il sera gros aussi, car les réseaux de la santé et de l'éducation, incluant les universités, devront s'y conformer.»

Photo: Erick Labbé, Archives Le Soleil

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(Québec) Le gouvernement ouvre grand la porte au logiciel libre. Avec le projet de loi que dépose mercredi la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, ces logiciels devront être considérés dans les appels d'offres, non seulement par les ministères mais par tous les organismes de l'État québécois.

Mme Courchesne prononçait la conférence de fermeture du Salon du logiciel libre du Québec, mardi, à l'Université Laval. Elle ne pouvait dévoiler les détails du projet de loi avant qu'il soit déposé, mais elle a profité de cette tribune pour annoncer un virage qui pourrait bouleverser le paysage informatique québécois.

«Dans tout projet, il y aura désormais une obligation de considérer le logiciel libre, d'en faire l'analyse en fonction de la qualité, des besoins et des coûts. Ce virage est non seulement urgent, dit-elle, mais il sera gros aussi, car les réseaux de la santé et de l'éducation, incluant les universités, devront s'y conformer.»

Elle rappelle que les technologies de l'information représentent des dépenses annuelles de 2,6 milliards $ dans les ministères, les organismes, et les réseaux de l'éducation et de la santé.

Québec devra modifier la façon dont se font les appels d'offres, afin d'y inclure des comparables qui conviennent aux deux modèles : propriétaire et libre.

«J'ai bien senti qu'un monde sépare votre industrie de nos gestionnaires, souligne-t-elle. Le logiciel libre est encore un mystère pour mes collègues et moi, il y aura beaucoup de pédagogie à faire.»

Éviter le dialogue de sourds

Pour cette raison, la présidente du Conseil du trésor propose la création d'une table, dès janvier, qui réunira des représentants du logiciel libre et des gestionnaires du gouvernement. «Il faut se donner les moyens de prendre ce virage important et éviter de se retrouver dans un dialogue de sourds.»

Mais ces contacts viseront aussi à rassurer les décideurs sur la capacité de cette jeune industrie à répondre aux besoins de l'État dans des projets d'envergure. «En cas de pépin, nos gestionnaires veulent s'assurer de pouvoir résoudre le problème à quelques heures d'avis. On ne peut pas se permettre d'attendre.»

Par ailleurs, Mme Courchesne reconnaît que l'État québécois man-que d'expertise devant les défis informatiques.

«Nous en avons laissé aller beaucoup au fil des ans, et j'ai la préoccupation de reconstituer, aussi rapidement que possible, des équipes professionnelles dans nos organisations. Il n'est pas normal qu'avec de si grands investissements nous n'ayons pas la solidité suffisante en ressources spécialisées.»

Pour Cyrille Béraud, le président de l'Association professionnelle des entreprises en logiciels libres (APELL), le chemin parcouru en tout juste quelques mois est immense. «La seule présence de Mme Courchesne était déjà en soi un événement», confiait-il.

Rebâtir l'expertise

Mais à ses yeux, le plus important est la volonté de rebâtir l'expertise de l'État en informatique. «La véritable rupture est là. Ça signifie qu'on abandonne l'idéologie qui prédominait jusqu'ici, et selon laquelle l'intelligence nous sera fournie par les multinationales.»

Quant à Daniel Pascot, directeur du Département des systèmes d'information organisationnels, à l'Université Laval, il juge qu'«on vient d'assister à quelque chose d'important».

«Le gouvernement reconnaît que sans lui, il ne se passera rien. Et ça dépasse les partis, car tous le reconnaissent désormais. Je suis seulement déçu qu'il n'ait pas été question d'adopter des normes sur les formats des documents publics. Il faut s'assurer qu'ils puissent être consultés par n'importe quel logiciel dans 10, 15 ans».

Quelques exemples

Le logiciel libre, c'est...

>  Une entreprise comme Avencall, basée en France et, depuis peu, à Québec, qui offre des services de conseil et d'intégration pour des systèmes de téléphonie sur IP. Elle utilise un logiciel, XIVO, qu'elle a développé avec d'autres. Elle compte 350 clients, dont la Poste française, et la compagnie d'assurances Groupama.

>  Révolution Linux, compagnie de Sherbrooke, qui déploie des infrastructures pour la gestion de réseaux. Elle compte déjà 30 commissions scolaires au Québec et 10 aux États-Unis parmi ses clients. Elle a implanté un système pour la gestion de 5000 «clients légers», des ordinateurs reliés à un serveur,

pour la commission scolaire de Laval, et un système qui gère 700 clients légers dans une école privée américaine.

>  TikiWiki. Cette fois, il s'agit d'un système de gestion de contenu multilingue, développé par une vaste communauté. C'est un outil puissant qui permet de gérer blogues, sites Internet et sites collaboratifs. Il est utilisé au Québec, comme ailleurs, par CGCOM-WEB, Évocatio et MarcLaporte.com.

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