Le secret des bactéries résistantes percé

C'est en faisant des recherches pour améliorer la... (Photothèque Le Soleil)

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C'est en faisant des recherches pour améliorer la résistance des bactéries utilisées dans les yogourts que l'équipe de chercheurs de l'Université Laval a découvert comment elles résistent aux antibiotiques.

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(Québec) Des chercheurs au département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique de l'Université Laval sont parvenus à percer le secret du mécanisme par lequel certaines bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques.

Le résultat de cette recherche vient d'être publié dans l'édition du 4 novembre de la revue scientifique Nature. L'équipe de Laval, dirigée par Sylvain Moineau, n'a pas accompli seule cet exploit, ses travaux ont été menés conjointement avec la compagnie Danisco ainsi qu'avec des chercheurs de France et des États-Unis.

Le plus ironique dans ce projet, c'est que l'équipe ne cherchait pas à empêcher les bactéries de devenir résistantes. Au contraire, on voulait améliorer leur résistance, parce que la recherche portait sur les bactéries utilisées dans l'industrie alimentaire, expliquait au Soleil le Dr Moineau.

Dans l'industrie alimentaire, les bactéries jouent un rôle important, notamment pour la production de yaourts et de fromages, rappelle Sylvain Moineau, mais elles sont aussi la cible de plusieurs attaques par des virus. La contamination des cultures bactériennes est un problème qui cause d'importantes pertes financières pour ces entreprises.

Malgré tout, ces résultats apportent de nouvelles munitions dans la lutte que mène la médecine contre les superbactéries, qui développent une forte résistance aux antibiotiques.

Système immunitaire

La recherche visait à exposer un des mécanismes par lesquels les bactéries résistent aux attaques. L'équipe a pu démontrer comment ce mécanisme immunitaire, appelé CRISPR/Cas, permet de «couper» des segments d'ADN du virus, puis de les intégrer à des endroits bien précis dans le bagage génétique de la bactérie, ce qui la protège contre de futures invasions. Un mécanisme qui n'est pas sans rappeler notre propre système immunitaire.

«Le défi consistait à trouver le moyen de faire cette démonstration, et nous n'étions pas la seule équipe à y travailler, raconte Sylvain Moineau. Le fait que nos résultats aient été publiés par une revue aussi prestigieuse que Nature montre à quel point ces résultats sont importants.»

Selon lui, environ 40 % des bactéries ont recours à ce mécanisme pour se défendre, et il ne s'agit pas de la seule arme à leur disposition, précise-t-il.

Leurs recherches ne s'arrêteront d'ailleurs pas là, conclut le Dr Moineau. «Il reste encore des trous dans notre connaissance, et nous avons plusieurs pistes à explorer.»

Ces travaux porteront encore sur l'utilisation des bactéries par l'industrie alimentaire.

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