La conquête planétaire du logiciel libre

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La Banque Mondiale dénombre plus de 60 pays ou organisations internationales qui ont publié des politiques d'utilisation du logiciel libre par l'administration publique.

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(Québec) Pendant que le gouvernement québécois se bat devant les tribunaux pour lui fermer la porte, le logiciel libre s'impose tranquillement à la grandeur de la planète, de la Norvège jusqu'au Brésil, dans des projets à grande échelle.

Dans la bataille juridique opposant Savoir-faire Linux (SFL) à la Régie des rentes du Québec, le gouvernement défend son «droit» d'éviter les appels d'offres, quand vient le temps de se procurer des logiciels, pour acheter directement de Microsoft. Curieusement, le Québec préfère le monopole de la multinationale à la concurrence.

Tous les pays ne voient pas les choses de la même façon. «Nous devions choisir : ou bien aller dans la cuisine et préparer le repas que nous voulions, ou bien manger ce que Microsoft voulait nous voir manger. Tout simplement, l'idée de liberté a prévalu.»

Ce n'est pas l'avocat de SFL qui a prononcé ces paroles, mais bien le président Luiz Inacio Lula da Silva, du Brésil, en décembre 2009, à l'occasion du Congrès international du logiciel libre qui se déroulait à Porto Alegre, dans son pays.

Plusieurs villes et États brésiliens avaient commencé à utiliser le logiciel libre au début des années 2000. En 2003, après l'élection de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence, le gouvernement adoptait une politique d'utilisation du logiciel libre. Plus de

2000 fonctionnaires ont suivi une formation sur la migration et la gestion de ces systèmes.

Le gouvernement brésilien a entre autres créé un portail qui offre plus de 500 services aux citoyens, tous créés à partir de logiciels libres. La Banque Mondiale dénombre plus de 60 pays ou organisations internationales qui ont publié des politiques d'utilisation du logiciel libre par l'administration publique.

France et Norvège

Daniel Pascot, directeur du département de systèmes d'information à la faculté des sciences de l'administration, peut citer plusieurs exemples de migration à grande échelle vers des systèmes libres. «La Gendarmerie nationale est l'un des plus exemplaires, dit-il, avec 70 000 à 80 000 postes de travail. On a d'abord automatisé le poste de travail du gendarme pour l'enregistrement des déclarations avec la suite Open-Office, qu'on a branchée sur une base de données légales.»

«Après, on a remplacé Internet Explorer par Firefox et maintenant, on se prépare à faire la migration de tout le système d'opération de Windows vers Linux [la distribution Ubuntu]. Ils en sont rendus au tiers et dans deux ans, tous les postes de travail des gendarmes seront 100 % logiciels libres.»

Le ministère des Finances a suivi une démarche semblable, ajoute-t-il. «Le ministère fonctionne pres-que entièrement sur du logiciel libre, soit à peu près 100 000 postes. Ils ont gardé la base de données Oracle, c'est le seul logiciel qui n'a pas changé.»

La migration permet au ministère de gagner en autonomie, selon lui. «C'est le ministère qui décide à quel moment on change de logiciel, et non pas le fournisseur. Et une fois qu'un logiciel est développé, il appartient au ministère, pas au fournisseur. Il n'a pas à payer de licence pour l'utiliser et les améliorations apportées au programme peuvent être utilisées par d'autres.»

M. Pascot estime que d'ici peu, près de la moitié de la fonction publique française, soit 400 000 fonctionnaires sur 800 000, se servira de logiciels libres, sans oublier les postes de travail des 577 députés de l'Assemblée nationale et de leurs assistants, 1154 postes en tout, qui fonctionnent sous la distribution Ubuntu de Linux.

Enfin, mentionne M. Pascot, le gouvernement de la Norvège a décidé qu'à partir de 2012, tous les documents que s'échangeront les ministères et les organismes publics devront avoir une copie  disponible en format libre, comme Ogg Vorbis, FLAC ou Ogg Theora, même s'il existe déjà une copie dans un des formats propriétaires.

Et... c'est quoi, un logiciel libre?

Le logiciel libre est en général gratuit, mais sa définition ne se limite pas à la gratuité. C'est un logiciel qu'on peut utiliser, reproduire, modifier et diffuser universellement sans contrepartie. Cela inclut la liberté d'exécuter le programme pour tous les usages, celle d'en étudier le fonctionnement, de le modifier et de publier ces améliorations —  ce qui suppose l'accès au code source — et enfin la liberté de redistribuer des copies, y compris en les vendant.

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