Deux classes d'ambulanciers, dénoncent les entreprises

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La CSAQ dénonce le cadre dans lequel elle est obligée de négocier et dit ne pas souhaiter être «complice» du gouvernement dans l'offre de conditions de travail moindres à ses employés.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Les propriétaires privés d'ambulances fourbissent leurs armes devant le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Ils l'accusent de vouloir créer deux classes d'ambulanciers au Québec : une pour la métropole et une autre pour le reste de la province.

En conférence de presse à Québec vendredi, la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ), qui représente 85 % des compagnies ambulancières privées, a déploré «l'improvisation», voire «la méconnaissance» que le ministère de la Santé et des services sociaux affiche à l'égard de leurs services au Québec.

Ils ont obtenu, par la voie des tribunaux, un document interne du ministère de la Santé, qui montre les coupures de budget qui sont visées pour leurs services. Selon leurs calculs, les coupes s'élèvent à 121 millions $ sur trois ans. Ce qui représente, par exemple, une coupe de 42 % dans les bénéfices marginaux de leurs employés. Ces bénéfices comprennent entre autres les congés parentaux et la formation continue. 

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette indique depuis le début du conflit, au printemps, qu'il n'a pas imposé de coupures de budget à ces compagnies. «C'est totalement faux», s'insurge Richard Thibault, porte-parole de la CSAQ. 

Les patrons dénoncent le fait qu'il y ait deux poids, deux mesures dans les services ambulanciers au Québec. C'est que le gouvernement vient de signer une entente de principe avec les employés d'Urgences-Santé, un service ambulancier public qui dessert Montréal et Laval. Selon les informations obtenues par la CSAQ, ces employés bénéficieraient des mêmes augmentations que les autres employés du secteur de la santé et n'auraient pas à faire les frais de coupures. 

«On risque de se retrouver avec deux catégories de citoyens au Québec et on a grandement peur que cette situation-là risque de provoquer un impact sur la qualité des services offerts», déplore M. Thibault. 

Celui-ci soutient que les services ambulanciers n'ont pas les mêmes coûts en plein coeur de Montréal qu'en région. À l'extérieur de la métropole, les ambulanciers doivent parcourir de plus longues distances pour se rendre à l'hôpital le plus près. 

Position impossible

Déjà, les membres de la CSAQ peinent à attirer et à retenir leur personnel. Avec cette entente de financement imposée par décret, il y a quelques mois, ils craignent d'être encore plus à court d'ambulanciers qualifiés. M. Thibault soutient que certaines compagnies pourraient faire faillite, sans s'avancer sur un nombre précis. «Le gouvernement nous met dans une position qui est dans le fond, une position impossible», soutient M. Thibault. C'est pourquoi la CSAQ conteste le décret gouvernemental devant les tribunaux. 

M. Thibault soutient que les compagnies privées se sentent «prises en sandwich» entre leurs employés en grève depuis le mois de février et le gouvernement qui ne leur accorde pas de financement adéquat. «On ne veut pas jouer dans ce film-là [...] On ne veut pas se faire les complices de cette situation-là», martèle M. Thibault. Selon lui, il est temps que le ministre de la Santé rappelle ses fonctionnaires «à l'ordre» et leur fasse une proposition qui permettra une équité entre les ambulanciers qui travaillent à Montréal et ceux qui travaillent ailleurs au Québec.

Barrette muet

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette n'a pas souhaité réagir vendredi aux propos des propriétaires de compagnies d'ambulances. «Le ministre n'émettra pas de commentaires. Tout ce que je peux vous dire, c'est que les entreprises ont tout en main pour régler les conventions collectives avec leurs employés», a soutenu Marie-Ève Morneau, directrice des communications au cabinet de M. Barrette. Elle n'a pas voulu en dire davantage, étant donné que ce conflit entre le ministère de la Santé et la CSAQ a été transporté devant les tribunaux.

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L'ensemble des ambulanciers de la province font la grève depuis février 2017.

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Du côté syndical, Joël Perreault, vice-président de la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) dit «comprendre l'impasse à laquelle fait face l'employeur», mais il n'a pas l'intention de «faire la bataille à sa place». «Indirectement, on est pris dans une guerre entre le ministère et les employeurs.» Selon M. Perreault, les compagnies ambulancières pourraient toutefois s'entendre avec leurs employés et régler après-coup le manque de financement qu'il dénonce avec le ministère.

Offre «ridicule» 

Au début juillet, la FPHQ a qualifié la dernière offre patronale de «ridicule». Depuis, les négociations sont au point mort. Vendredi, les paramédics de Québec ont commencé à porter un t-shirt soulignant qu'ils sont sans convention collective depuis mars 2015. 

L'ensemble des ambulanciers de la province font la grève depuis février 2017. Comme ils sont assujettis à la Loi sur les services essentiels, ils doivent continuer de fournir un service complet à la population, mais ils s'expriment en apposant des autocollants sur les ambulances et en refusant de compléter des tâches administratives, comme la compilation de leurs déplacements et l'envoi de factures aux citoyens. Des tâches que doit assumer la partie patronale depuis 5 mois.




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