Les craintes sur le football à l'adolescence atténuées

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Il semble qu'un peu de «foot» à l'adolescence n'aurait pas de conséquences à long terme sur le cerveau, d'après une étude parue dans le dernier numéro du Journal of the American Medical Association- Neurology.

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(Québec) Quand fiston demande à jouer au football, de plus en plus de parents ont un moment d'hésitation, sinon de panique. Ce sport-là n'est-il pas trop violent? Les vieux joueurs de football professionnels n'en gardent-ils pas, dans des proportions alarmantes, de lourdes séquelles mentales? Or, il semble qu'un peu de «foot» à l'adolescence n'aurait pas de conséquences à long terme sur le cerveau, d'après une étude parue dans le dernier numéro du Journal of the American Medical Association - Neurology.

«C'est une étude intéressante parce qu'elle vient dédramatiser un peu ce qui est souvent véhiculé dans les médias. On entend parler d'encéphalopathie chronique traumatique, et là on pense qu'un jeune qui a eu une commotion dans son sport va faire une démence précoce. Et on se dit ensuite qu'on va lui faire faire un sport individuel sans contact, on va le faire jouer au golf. Mais finalement ça produit un décrochage du milieu sportif parce que ce n'est pas ça qui attire ces jeunes-là», commente Pierre Frémont, chercheur à la faculté de médecine de l'Université Laval et président de la Collaboration canadienne sur les commotions cérébrales. M. Frémont n'a pas participé à l'article qui vient de paraître dans le JAMA - Neurology.

Celui-ci, dirigé par le biostatisticien Dylan Small, a consisté à «revisiter» les données d'une étude au long cours, la Wisconsin Longitudinal Study, qui a commencé à suivre l'état de santé de quelque 10 000 finissants du secondaire en 1957 et ne les a plus «lâchés» depuis. Une des questions qui leur étaient posées au départ était celle de savoir s'ils avaient joué ou non au football pendant leur secondaire.

De cette vieille cohorte, pas moins de 3900 hommes ont complété des tests de symptômes dépressifs à l'âge de 65 ans et 72 ans, ainsi que des mesures de leurs capacités cognitives - par exemple, se rappeler de certains mots dans une liste et d'autres tâches dont on soupçonne qu'elles sont affectées par les commotions multiples et mal traitées. Mais contrairement à ce qu'on aurait pu s'attendre, «nous n'avons pas trouvé d'indication montrant que jouer au football a des conséquences néfastes à long terme sur le fonctionnement cognitif et la santé mentale à 65 et 72 ans», concluent les auteurs de l'étude.

Mais attention, avertit le JAMA - Neurology dans un éditorial accompagnant l'étude, si ces résultats sont «relativement rassurants», ils ne vident pas pour autant la question des risques associés au football. Le lien entre les commotions et les risques de démence, sans être prouvé, semble de mieux en mieux appuyé, et il est évident que des sports de contact comme le football viennent avec un certain risque de commotion. Peut-être qu'un sous-groupe de joueurs plus affectés a échappé aux mesures.

Gamme de performances

En outre, critique M. Frémont, «il faut comprendre qu'il y a toute une gamme de performances différentes au secondaire. On passe de préados en secondaire 1 à des joueurs qui ont une force d'adulte à la fin», ce qui peut faire une bonne différence sur le risque de commotion. Or l'étude menée par M. Small et son équipe ne fait pas la différence entre ceux qui n'ont joué au «foot» qu'un an au début de leurs études secondaires et ceux qui s'y sont adonné pendant toutes leurs études, ce qui peut embrouiller les résultats.

«Le message que j'essaie de faire passer, poursuit M. Frémont, c'est que si on gère bien les commotions cérébrales individuellement, alors il n'y pas de raison de craindre une ou deux commotions bien gérées au cours d'une carrière sportive. On n'a pas de science qui dit que ça mène à des catastrophes plus tard dans la vie, et c'est ce que cette étude-là vient supporter. [...] Surtout en 2017, alors qu'on devrait toujours avoir, dans ces milieux-là, une bonne compréhension de la commotion et un bon protocole de retour.»

M. Frémont souligne d'ailleurs à cet égard qu'il offre une formation en ligne pour les parents, entraîneurs et enseignants sur les commotions cérébrales. 

Informations : www.ulaval.ca/mooc




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