Boni salarial pour les médecins qui dépannent en région

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Selon la FMOQ, les médecins et la population font les frais de l'improvisation du gouvernement, qui a «beaucoup tergiversé et modifié des choses ces derniers temps», notamment quant à l'octroi de postes en urgence.

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(Québec) La pénurie de médecins dans les urgences de la région de Québec est telle que la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) vient de lancer un appel pressant à ses membres, qui auront droit à une majoration de leur rémunération pour faire du dépannage à Saint-Marc-des-Carrières, à La Malbaie et à Baie-Saint-Paul cet été.

Le CLSC de Saint-Marc-des-Carrières est l'établissement où on observe le plus grave problème de découverture médicale. Entre le 23 juin et le 31 août, pas moins de 87 quarts de travail de huit heures restaient à combler en date du 15 juin. 

«Bien que nous soyons conscients que le gouvernement et l'établissement sont les grands responsables de la situation, nous croyons qu'il est de notre devoir dans l'immédiat de contribuer à corriger la situation, par égard aux intérêts de la population», écrit la FMOQ dans un message destiné à ses membres «qui travaillent à l'urgence ou qui y ont travaillé au cours des trois dernières années».

Dans une moindre mesure, les urgences de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul ont également des plages de travail à pourvoir à leur horaire cet été, plus particulièrement en juillet et en août, mentionne-t-elle.

Majoration d'honoraires de 10 %

«Les urgences de La Malbaie et de Baie-Saint-Paul donnent droit à une majoration d'honoraires de 10 % pour les aider à attirer des candidats, de même que d'une mesure qui couvre le temps de déplacement. La FMOQ a convaincu le MSSS d'accorder les mêmes avantages à Saint-Marc-des-Carrières», ajoute la Fédération.

Pas besoin de faire une prestation de travail minimale pour pouvoir pratiquer à l'urgence, cette exigence ayant été levée pour la période estivale, indique encore la FMOQ. «Il vous est donc possible de vous inscrire seulement pour mettre l'épaule à la roue pour la Capitale-Nationale», résume-t-elle.

Selon le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion, les médecins et la population font les frais de l'improvisation du gouvernement, qui a «beaucoup tergiversé et modifié des choses ces derniers temps», notamment quant à l'octroi de postes en urgence. 

«C'est au ministère de la Santé et aux établissements de répondre [aux problèmes de découverture]. Nous, on peut demander à nos membres d'en faire un peu plus, mais on ne peut pas leur demander l'impossible», dit M. Dion, qui souhaite que la situation actuelle serve de leçon pour l'avenir. 

«Tous débordés et épuisés»

L'Association des médecins omnipraticiens de l'ouest du Québec (AMOOQ), la branche de la FMOQ dans l'Outaouais, a apporté sa contribution pour trouver des candidats. Dans un courriel envoyé à ses membres le 15 juin, le président de l'AMOOQ, le Dr Marcel Guilbault, explique que «les négociations, tractations et recherches avec les médecins en place n'ont abouti à rien», et que les spécialistes en médecine d'urgence semblent aussi «tous débordés et épuisés». 

«Il faut faire notre effort pour éviter des catastrophes», a résumé le Dr Guilbault au cours d'un entretien avec Le Soleil, lundi. Mais, selon lui, les médecins de l'Outaouais auraient «déjà des problèmes à couvrir l'été» dans leurs propres établissements. 

Questionnée lundi sur les intentions du ministre Gaétan Barrette devant la pénurie persistante de médecins dans les urgences de la région de Québec pendant la période estivale, son attachée de presse, Julie White, a simplement indiqué que «nous continuons le travail au jour le jour afin de combler les périodes de découverture potentielles». 

Une directive du ministère de la Santé a été envoyée à la fin du mois dernier aux établissements pour leur demander de donner priorité aux urgences pour éviter les bris de service. En mêlée de presse, le ministre Barrette avait attribué les problèmes de découverture à l'«enthousiasme» de certains établissements qui auraient «un peu trop privilégié la prise en charge» de patients en cabinet et créé un déséquilibre dans les urgences.

Des problèmes ailleurs à Québec

La situation serait également problématique dans les urgences des hôpitaux du CHU de Québec, où, sans être à risque de découverture médicale, on aurait du mal à combler certains quarts de travail. Or le retrait d'un quart de travail alourdit la tâche des médecins en place, avec tous les risques que cela comporte.

Selon un médecin d'urgence de Québec qui nous a contactés et qui a requis l'anonymat «pour éviter toutes représailles», les urgences de la région de la capitale sont «sur le point d'imploser», alors que plusieurs médecins ont réorienté leur carrière et que les équipes en place sont «fragilisées et épuisées».

Devant une urgence fermée avec son enfant

Avec deux enfants en bas âge, une mère de famille appréhende les découvertures médicales à l'urgence de Saint-Marc-des-Carrières cet été.

Vanessa Drolet-Caron s'est récemment cognée le nez sur une porte fermée au CLSC de Saint-Marc-des-Carrières, qui subit des bris de service critiques depuis le début du mois. Le 11 juin, elle a dû se rendre avec son enfant malade à l'Hôpital de Saint-Raymond, situé à 35 minutes de son domicile de Saint-Marc. 

«C'est fâchant d'être privé de ce service-là à Saint-Marc. Il nous évite d'aller à Québec ou à Saint-Raymond», témoigne la mère de famille au Soleil. Surtout que «quand ça ferme à Saint-Marc, ça refoule à Saint-Raymond et on attend plus longtemps», observe-t-elle.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui a annoncé un plan de contingence pour l'Hôpital Chauveau en raison du manque de médecins (l'urgence ferme à 18h plutôt qu'à 22h jusqu'à nouvel ordre), convenait la semaine dernière que d'autres urgences sous sa responsabilité étaient à risque de découverture médicale cet été. 

«Il n'y pas de plan de contingence prévu ailleurs pour le moment, mais c'est sûr qu'il reste des défis à relever», mentionnait le directeur adjoint des services professionnels du CIUSSS, Patrick Duchesne.




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