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Infirmières du privé dans les supercliniques: bras de fer entre Barrette et la FIQ

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La FIQ souligne notamment qu'il y a dans le réseau public des leviers pour s'assurer que la pratique infirmière soit sécuritaire, qui permettent notamment aux professionnelles en soins de dénoncer une situation.

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(Québec) Si le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ne voit rien de mal à ce que les supercliniques embauchent des infirmières du secteur privé, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), elle, y voit des risques pour les patients.

En Chambre, mercredi, la péquiste Diane Lamarre s'en est prise au programme de supercliniques du ministre Barrette. Selon elle, le ministre de la Santé n'est «pas en contrôle devant les médecins». 

Après s'être «écrasé sur les 84 heures d'ouverture obligatoires en permettant des dérogations», comme en témoigne le nouveau cadre de gestion des supercliniques dont Le Soleil a fait état il y a deux semaines, le ministre a accepté que les supercliniques reçoivent un budget pour embaucher des infirmières du secteur privé, a rappelé la députée de Taillon.

«Est-ce que le ministre peut nous dire à quoi va servir cette privatisation qui incite les infirmières à quitter le système public pour passer au privé alors qu'on en manque déjà cruellement dans nos hôpitaux, qui ont été coupés?» a demandé Mme Lamarre.

Selon le ministre Barrette, ce que reproche le PQ aux décisions de son gouvernement, «c'est simplement que des gens qui sont des employeurs engagent des gens non syndiqués payés par le public». 

«Le réseau de cabinets qui existe, où pratiquent des médecins et d'autres professionnels, c'est un réseau qui est totalement financé par le public et qui fait donc partie complètement de notre réseau, dans lequel il se trouve qu'il y a des employeurs qui ne sont pas l'État», a exposé le ministre de la Santé.

Quand le PQ dit que le gouvernement Couillard privatise, ce n'est donc pas la réalité, a-t-il insisté. «Ça demeure totalement public. Où est le problème?» a demandé le ministre Barrette. 

Des risques pour la sécurité

Le problème, c'est la sécurité, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). 

En conférence de presse, mercredi après-midi, la vice-présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a d'abord dénoncé la règle du «deux poids, deux mesures» appliquée par le ministre Barrette.

«Pour la clinique sans médecins SABSA, c'était important pour le ministre que les infirmières qui y travaillent viennent du réseau public, et nous sommes tout à fait d'accord avec ça. Mais, curieusement, cette logique-là ne tient plus pour les médecins des supercliniques» a exposé Mme Bédard.

Citant l'exemple d'une future superclinique de Montréal opérée par une entreprise privée (Forcemedic), Mme Bédard s'est dite d'avis que les infirmières qui y travailleront seront ni plus ni moins au service du développement de l'entreprise. «On s'éloigne clairement du rôle de l'infirmière», a-t-elle déploré. 

Mme Bédard a rappelé qu'il y a dans le réseau public des leviers pour s'assurer que la pratique infirmière soit sécuritaire, qui permettent notamment aux professionnelles en soins de dénoncer une situation.

«Comment une infirmière embauchée par un médecin dans une superclinique pourra-t-elle avoir la latitude de dénoncer une situation inacceptable?» a demandé la vice-présidente de la FIQ. 

Situation «inquiétante» à MAclinique

À Québec, une situation «inquiétante» se serait produite vendredi dans la nouvelle superclinique de MAclinique médicale Lebourgneuf, selon la FIQ. 

«Le médecin a demandé à une infirmière de donner une médication intraveineuse à un patient, médication que l'infirmière n'avait pas donnée depuis longtemps. Comme elle ne se sentait pas apte - en plus, elle n'avait pas tout ce qu'il fallait pour donner adéquatement la médication -, elle a refusé, et le médecin a insisté. L'infirmière a donc appelé son syndicat, et la Directrice des soins infirmiers (DSI) est intervenue. 

La DSI lui a dit de ne pas poser l'acte et elle a mis un filet de sécurité», a raconté la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale, Patricia Lajoie.

«Qu'en aurait-il été si le médecin avait été son employeur? Je crois que la décision n'aurait pas été la même et que, sous la pression, l'infirmière aurait pu mettre à risque le patient», a dit Mme Lajoie.




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